jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

Comme l'on voudrait écrire : « Il est temps, ma belle, éveille-toi ! »

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Comme l'on voudrait écrire : « Il est temps, ma belle, éveille-toi ! »

Essayons de réveiller ensemble ma Vénus de terre cuite.

Gel et soleil ; quel jour merveilleux !
Tu somnoles encore, charmante amie —
Il est temps, ma belle, éveille-toi :
Ouvre tes yeux que clôt la langueur
À la rencontre de l'Aurore du Nord,
Apparais comme l'étoile du Nord !

Traduction littérale

Hier soir, tu t'en souviens, la tempête faisait rage,
Une brume courait dans le ciel trouble ;
La lune, comme une pâle tache,
Jaunissait à travers les sombres nuées,
Et toi, tu étais assise, tout attristée —
Mais aujourd'hui… regarde par la fenêtre :

Traduction littérale

Sous des cieux d'un bleu limpide,
Tels de magnifiques tapis,
Étincelant au soleil, la neige s'étend ;
Seule la forêt transparente noircit,
Et le sapin verdoie à travers le givre,
Et la rivière brille sous la glace.

Traduction littérale

Qui donc est cette belle ? « Fleur dans le désert, rossignol dans la forêt sauvage, perle dans la mer », ainsi que la décrivit Pouchkine : Maria Vassilievna Borissova, fille d'un propriétaire peu fortuné, qui vivait dans la maison des Wulf au village de Pavlovskoïe, où il composa ce poème ? Voilà qui est sûr. N'avait-il pas écrit « Je compte tomber ces jours-ci amoureux d'elle », Alexandre Sergueïevitch, justement à la veille de son arrivée dans la maison où seraient composés « Le Matin d'hiver » ?

Soit. Mais comme je n'ai guère de goût pour l'histoire littéraire à prototypes, cherchons les racines de cette belle ailleurs que dans le gouvernement de Tver.

N'est-ce pas elle qui s'endort dans la ballade « Svetlana » de Joukovski, « devant le miroir, seule au milieu de la chambre », et fait un songe effroyable avec le fiancé mort, dont elle s'éveille quand

« Dans le fin rideau de la fenêtre
Luit un rayon de l'aurore ;
Le coq bat bruyamment des ailes,
Saluant le jour de son chant ;
Tout resplendit… L'âme de Svetlana
Est encore troublée par le songe ».

Traduction littérale

Est-ce que ce n'est pas la même Aurore que chez Pouchkine qui succède à la nuit terrible ?

Et peut-être aussi chez Nikolaï Lvov, qui s'adresse à sa belle : « ô mon amie de cœur », trente ans plus tôt, dans la « Nuit dans une isba finnoise au milieu des friches », saturée d'effroi, où seule l'aimée peut délivrer le héros de l'accablant cauchemar nocturne :

Qui, le sort cruel et misérable
De celui qui vit au milieu des steppes,
Dans une cabane étroite et branlante,
Où rôde la pauvreté éternelle,
Et la nuit froide et pluvieuse,
Osera les partager avec toi ?
Toi seule, ô mon amie de cœur !
..
Oh, si tu étais ici avec moi,
L'abattement n'oserait,
En ta présence, mon amie, nous toucher !
..
La tempête, les ténèbres, le désert, la cabane
Dans de brûlantes et étroites étreintes,
Sous l'aile d'un amour éprouvé
Multiplieraient notre bonheur.

Traduction littérale

Et c'est bien sûr la même belle qui, quatre-vingt-dix ans plus tard, s'éveille dans le poème de Kornilov.

Le matin nous accueille de sa fraîcheur,
Le fleuve nous accueille de son vent.
Bouclée, pourquoi n'es-tu pas contente
Du joyeux chant de la sirène ?
Ne dors pas, lève-toi, bouclée !
Dans les ateliers résonnants,
Le pays se lève, glorieux,
À la rencontre du jour.

Traduction littérale

Qui est-elle ? Peut-être la Russie elle-même ?

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