jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

La reine d'Espagne Marie-Louise de Parme, représentée sur ce portrait en robe de cour et coiffure orientale, était extrêmement satisfaite du travail de Goya

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La reine d'Espagne Marie-Louise de Parme, représentée sur ce portrait en robe de cour et coiffure orientale, était extrêmement satisfaite du travail de Goya

La reine d'Espagne Marie-Louise de Parme, représentée sur ce portrait en robe de cour et coiffure orientale, était extrêmement satisfaite du travail de Goya. Elle le louait même dans ses lettres. Elle venait inlassablement à l'atelier pour admirer l'avancement du portrait. Lorsqu'il eut terminé, le résultat fut aussitôt proclamé le meilleur de tous les portraits de la reine, et elle le confirma avec fierté.

Oui, une femme de belle prestance, au long cou et au menton fièrement dressé. Pas une beauté, et alors ? Du moins le peintre ne flatte-t-il pas son modèle titré d'une louange éhontée. Tous deux gardent leur dignité. Elle a cinquante ans et elle est tout à fait contente de son apparence pour cet âge, au XVIIIe siècle, s'entend. La señora a sans doute été flattée par la représentation de ses beaux bras nus. Et la toilette élégante est superbement peinte. Elle a aussitôt déclaré le maître le meilleur des artistes.

Mais, arrêté devant ce tableau dans le Palais royal de Madrid, je me suis surpris à penser que je ne regardais pas une femme royale, mais comme Saturne dévorant ses enfants. Je n'ai rien contre cette reine en particulier. Je ne connais ni son passé trouble ni aucun fait effrayant de sa biographie. Mais cette pensée fugitive laissait un arrière-goût désagréable, oppressant.

Du reste, ce qui me préoccupe depuis longtemps dans l'école espagnole (à moins que tout ne tienne à Goya ?), du moins dans les portraits aristocratiques féminins, c'est une sorte de folie, de morbidité, comme si une musique inquiétante retentissait derrière l'héroïne ; songeons seulement au portrait de la duchesse d'Albe du pinceau du même Francisco Goya. Elle est étrange, elle a quelque chose de mauvais.

Décidément, Goya a la main très lourde.

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