Cette graine de melon a plus de 1000 ans, et son ADN prouve que les melons sont arrivés en Chine depuis l'Asie du Sud
Les graines de melon découvertes lors des fouilles de 2024 dans le port médiéval englouti de Shomen Gan, sur le territoire de l'actuelle ville de Wenzhou, dans le sud-est de la Chine, ont conservé leur ADN grâce à des sédiments gorgés d'eau, imperméables à l'air.
Quatre graines au total ont été retrouvées. Deux d'entre elles contenaient assez de matériel génétique pour être séquencées, c'est-à-dire pour que l'on puisse lire leur séquence d'ADN. La datation au radiocarbone a donné un intervalle allant approximativement de 1020 à 1150 de notre ère.
Les deux génomes appartiennent à la lignée agrestis, c'est-à-dire à la branche est-asiatique du melon cultivé, que l'on continue de faire pousser en Chine. En outre, aucun des deux génomes ne présente de variants de gènes responsables de la douceur : le melon des Song n'était donc pas un fruit de dessert, mais un légume, propre plutôt à la conservation en saumure. Sur l'ensemble des caractères relevés, les chercheurs le décrivent comme un fruit à la chair vert clair et à la peau jaune.
La conclusion principale concerne l'origine. Les données ne confirment pas la thèse d'une domestication indépendante du melon en Chine et désignent plutôt l'Asie du Sud comme point de départ. Deux voies de pénétration sont envisagées : une voie septentrionale, par la Route de la soie, et une voie méridionale, par la route du Thé et des Chevaux à travers l'Himalaya.
Les données archéologiques plaident plutôt en faveur de l'itinéraire méridional, où l'on trouve des graines de melon dans une sépulture de 238 avant notre ère, soit environ neuf siècles plus tôt que les découvertes du Nord.