jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

Je lis le journal du professeur Ivan Ivanovitch Zaroubine sur son voyage au Pamir, à l'été 1914

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Je lis le journal du professeur Ivan Ivanovitch Zaroubine sur son voyage au Pamir, à l'été 1914

Je lis le journal du professeur Ivan Ivanovitch Zaroubine sur son voyage au Pamir, à l'été 1914. Il y décrit une descente de rivière de montagne sur un radeau fait de peaux de bouc gonflées.

Cela m'a rappelé un relief néo-assyrien du VIIIe siècle av. J.-C., conservé au British Museum, où l'on voit des guerriers assyriens traverser l'eau sur des peaux gonflées. On le présente parfois comme la première représentation d'un scaphandre autonome, cet appareil qui permet de respirer sous l'eau : à vrai dire, si l'on imagine que les guerriers du relief nagent non pas sur l'eau mais sous l'eau, on les voit fort bien respirer par un tuyau relié à l'outre gonflée.

On pourrait, bien sûr, évoquer aussi l'outre des vents qu'Éole remet à Ulysse pour qu'ils ne l'empêchent pas de gagner Ithaque. Quoi qu'il en soit, cette invention fort ancienne, l'usage des outres de peau hermétiques, était, comme il apparaît, largement pratiquée jusqu'au XXe siècle, et je ne serais pas étonné qu'elle le soit encore de nos jours : il s'agit tout de même des régions montagneuses les plus reculées du Tadjikistan.

Un autre explorateur russe, Alexeï Alexeïevitch Bobrinsky, en parlait déjà en 1908 dans ses esquisses de la vie quotidienne tirées de ses notes de voyage, « Les Montagnards du haut Piandj ». Les photographies sont précisément extraites de son livre.

Chez les montagnards, qui font assurément remonter leur origine aux anciens Assyriens, cet engin de navigation s'appelle tursouk, goupsar ou sanoch. On gonfle une peau entière de chèvre ou de mouton par une patte arrière. Dans l'eau, on la maintient d'une main, en s'allongeant dessus de tout son corps, et l'on rame avec les jambes et l'autre main. Avec les tursouks, on fabrique des radeaux en les liant entre eux et en les fixant sur un cadre de bois. Un radeau de 12 tursouks porte jusqu'à 4 personnes, ou une personne avec sa charge. Deux hommes dirigent le radeau depuis l'arrière, nageant sur leurs propres tursouks et ramant avec les jambes. C'est ainsi que l'on transporte le bétail et les lourds fardeaux.

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