Vous savez, quand en 2024 on s'est mis à tout retourner à Kolomenskoïe au titre du programme d'« améliorisation » de la réserve, j'ai fait un vœu : voyons s'ils s'attaqueront aux vrais problèmes qui réclament une intervention ?
Vous savez, quand en 2024 on s'est mis à tout retourner à Kolomenskoïe au titre du programme d'« améliorisation » de la réserve, j'ai fait un vœu : voyons s'ils s'attaqueront aux vrais problèmes qui réclament une intervention ? Par exemple, l'éradication des fourrés d'une espèce invasive, la renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis), qui s'empare à toute vitesse de la terre protégée du ravin de Golossov. Hier, je suis allé m'assurer que rien n'avait été fait contre la renouée : elle prospérait depuis trente ans, elle prospère toujours.
Je ne saurais décrire cette situation autrement que comme une impasse bureaucratique et écologique, qui contraste avec les financements colossaux dont bénéficient les parcs de Moscou.
Cette mauvaise herbe agressive de l'Extrême-Orient figure officiellement dans le « Livre noir de la flore de Russie centrale ». La plante atteint quatre mètres de haut, porte d'immenses feuilles cordiformes pouvant mesurer quarante centimètres de long, possède un puissant système racinaire de trois mètres de profondeur et des tiges creuses à la croissance intensive.
À Kolomenskoïe, la renouée a déjà envahi une part considérable du ravin protégé et ne fait que gagner du terrain chaque année.
Le principal problème est que le traitement chimique efficace des fourrés aux herbicides y est strictement interdit, en raison du statut de protection maximal du site. Le ravin de Golossov est un monument naturel d'importance régionale, un territoire naturel particulièrement protégé et une zone de protection des eaux, où coule le ruisseau de Kolomenskoïe, qui ne gèle jamais, et où jaillissent les sources de Savvino.
La simple fauche, à laquelle l'administration du parc est réduite, s'avère inutile, car elle ne fait que stimuler la croissance souterraine de l'invasive, tandis que les pentes abruptes du ravin interdisent l'emploi d'engins lourds pour l'arrachage.
L'expansion de l'espèce a commencé dans les années quatre-vingt, lorsque les habitants des villages voisins de Diakovo et de Kolomenskoïe plantaient la renouée dans leurs potagers, pour l'ornement et comme fourrage pour le bétail. Après le départ des villageois, à la charnière des années quatre-vingt-dix, la plante s'est échappée dans le ravin, où l'abondance des sources et le microclimat ont créé des conditions idéales à sa propagation. Aujourd'hui, la superficie approximative du massif compact de renouée sur le versant gauche du ravin, entre les sources de Savvino et l'ancien jardin de l'Ascension, se chiffre en milliers de mètres carrés.
La situation est vivement critiquée par des biologistes et des militants écologistes, qui sonnent l'alarme : les espèces locales d'herbes et de fleurs sont en passe d'être totalement supplantées et de disparaître. Le paradoxe tient au contraste saisissant avec la méga-reconstruction de Kolomenskoïe, dans le cadre de laquelle on construit sur les quais des promenades, un amphithéâtre et une patinoire de deux kilomètres. Le parc figure régulièrement parmi les trois espaces récréatifs les mieux financés de Moscou, mais ces dépenses colossales pour l'embellissement extérieur n'aident guère, pour autant, à résoudre un problème écologique aigu au cœur même de la réserve.
Et, soit dit en passant, le dallage n'a pas seulement été refait au cours des deux années écoulées de reconstruction du territoire du musée-réserve : on est déjà en train de le changer de nouveau ! Félicité suprême !


