jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

« Voilà trois ans qu'il ne se tient plus à Londres de ventes russes, pourtant célèbres, qui existaient sous une forme ou une autre depuis la fin des années 1980

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« Voilà trois ans qu'il ne se tient plus à Londres de ventes russes, pourtant célèbres, qui existaient sous une forme ou une autre depuis la fin des années 1980

« Voilà trois ans qu'il ne se tient plus à Londres de ventes russes, pourtant célèbres, qui existaient sous une forme ou une autre depuis la fin des années 1980. Quel âge d'or que cette époque : les descendants d'émigrés russes et des célébrités comme Mstislav Rostropovitch et Galina Vichnevskaïa, ou le prince et la princesse Michael de Kent, parents des Romanov, flânaient, coupe de champagne à la main, en estimant les lots », raconte Jo Vickery, experte du marché de l'art russe, qui a travaillé vingt ans chez Sotheby's, dans un article publié récemment dans The Art Newspaper.

Ce qu'il faut retenir du texte

Jusqu'au milieu des années 1980, l'art russe était dispersé entre différentes ventes aux enchères. Ainsi, les toiles d'Ivan Aïvazovski pouvaient être proposées dans les ventes d'art européen du XIXe siècle, et les œuvres de Natalia Gontcharova dans celles de modernisme et d'impressionnisme. Seuls les objets d'art décoratif et les icônes étaient présentés dans des catalogues de vente spécialisés distincts.

Aujourd'hui, nous sommes en fait revenus aux années 1980 : le tableau d'un artiste russe le plus cher vendu à Londres l'an dernier figurait dans la « vente d'art du XIXe siècle et d'art britannique » chez Bonhams. Pour trouver de la peinture russe éparpillée dans diverses ventes thématiques, il faut désormais se donner du mal.

Nous observons un intérêt constant des collectionneurs pour l'art religieux, les icônes russes, la peinture traditionnelle et les objets à sous-texte patriotique ou possédant une valeur historique certaine.

L'engouement pour l'histoire russe a été particulièrement sensible lors des ventes d'automne de Sotheby's, où furent proposés trois portraits de la main de Zinaïda Serebriakova : celui du prince Félix Youssoupoff, celui de son épouse, née princesse Irina Romanova, et celui de leur fille, la princesse Irina Youssoupova, peints en 1925. Ensemble, ces lots ont rapporté 750 000 €, ce qui a largement dépassé les estimations.

Le clou de la vente Bonhams, et le lot le plus cher de l'année à Londres, fut un exemple de peinture d'histoire de Vassili Polenov, une toile du cycle « La Vie du Christ », adjugée 1,4 million de £.

Les ventes d'arts appliqués russes, Fabergé compris, se sont très bien déroulées en 2024, aussi bien chez Christie's et Sotheby's qu'à New York, qui demeure traditionnellement un excellent marché pour les créations de cette maison, en partie parce que les collectionneurs américains les recherchent également.

En novembre, des œuvres d'artistes russes et ukrainiens se sont vendues avec succès chez Christie's et Sotheby's. Ce fut notamment le cas de plusieurs œuvres rares sur papier d'artistes d'avant-garde issues de la collection de la créatrice américaine d'origine roumaine et philanthrope Mica Ertegun.

En novembre, Sotheby's a mis en vente une collection modeste, mais de très haute qualité, d'œuvres contemporaines et d'avant-garde appartenant à un collectionneur privé allemand. Parmi les joyaux figurait une grande toile précoce de Viktor Pivovarov, adjugée 108 000 €, soit le double de l'estimation préalable. Les enchères se sont aussi âprement disputées pour une œuvre d'Ivan Tchouïkov, tirée de sa série emblématique « Fenêtres » et consacrée à Aïvazovski, partie pour 72 000 €, et pour une pièce fantastique de Leonid Pourygine portant l'inscription en russe « Démocratie et glasnost, je suis pour Gorbatchev ». Il y eut pourtant des déceptions : la grande toile « À qui est cette mouche ? » d'Ilia Kabakov, œuvre programmatique pour l'artiste, qui rappelle sa célèbre installation « La Cuisine communautaire », n'a pas trouvé preneur.

L'une des plaies du marché intérieur russe reste le manque, dans les ventes, de chefs-d'œuvre de tout premier ordre. Les meilleures pièces se vendent généralement de gré à gré, si bien que nous autres, experts, en sommes réduits à deviner les dimensions et l'ampleur réelles du marché de l'art russe. Et quand on tente d'analyser les résultats publiés des ventes des maisons moscovites, on conclut qu'il n'y a aucun boom, puisque le niveau des ventes publiques y est traditionnellement faible, et que souvent la moitié seulement des lots trouve preneur.

Le manque de transparence du marché de l'art russe fait que de tels résultats suscitent souvent cette question : le prix est-il bien réel ?

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