Les spécialistes du Musée national d'art de Copenhague comptent recourir à l'oxygène atomique, substance qui existe à l'état naturel sur l'orbite terrestre basse, pour restaurer les œuvres graphiques, rapporte The Art Newspaper Russia
Le blanc de plomb jouit d'une large faveur depuis l'Antiquité et jusqu'au XXe siècle, où il tomba en désuétude. Le blanc de plomb noircit parfois à une vitesse extrême. Pour éclaircir les zones assombries, on recourt traditionnellement au peroxyde d'hydrogène, sous forme de vapeurs ou de gel, mais ces méthodes font courir le risque d'endommager les autres matériaux employés dans la création de l'œuvre.
Le groupe d'experts qui étudie les processus de dégradation et met au point de nouvelles méthodes de conservation pour la collection d'œuvres graphiques du Musée national d'art de Copenhague propose une approche radicalement différente : l'usage de l'oxygène atomique. Il s'agit d'une forme d'oxygène hautement réactive, que l'on rencontre sur l'orbite terrestre basse. Les chercheurs de la NASA ont étudié son action sur les surfaces des engins spatiaux, puis la possibilité de l'employer pour le nettoyage d'objets du patrimoine culturel.
La méthode a déjà été éprouvée en 1997, lorsque, lors d'une réception de la maison Chanel au Musée Andy Warhol de Pittsburgh, l'une des invitées laissa sur le tableau de Warhol « Bain » (1961) l'empreinte de son rouge à lèvres. Les moyens traditionnels ne parvenaient pas à l'ôter, mais l'irradiation de la toile à l'oxygène atomique fit disparaître non seulement la tache, mais aussi plusieurs salissures cachées, ainsi qu'une couche très fine de peinture.
Les chercheurs mènent actuellement des essais sur des maquettes et des échantillons porteurs de divers types de salissures afin d'optimiser les protocoles, et prévoient de réaliser un prototype de laboratoire de l'installation d'ici la fin de 2026.
