jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

Quand l'effigie d'un ancien souverain nubien peut passer pour une figure du Christ

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Quand l'effigie d'un ancien souverain nubien peut passer pour une figure du Christ

Le pétroglyphe de Missida (2), dans le nord du Soudan, près de la troisième cataracte du Nil, représente une figure masculine d'environ deux mètres et demi de haut, accompagnée de deux chèvres. On suppose qu'elle figure un souverain de Koush, ancien royaume de Nubie situé sur le territoire du Soudan actuel, dont les rois régnèrent aussi sur l'Égypte aux VIIIe et VIIe siècles avant notre ère.

Les auteurs comparent ce dessin au relief du roi Chorkaror sur la roche de Djebel Qeili (1), qui régna dans la seconde moitié du Ier siècle de notre ère depuis Méroé, capitale tardive de Koush. J'ai tâché de superposer le relevé de ce relief à une photographie de la roche elle-même, afin qu'on comprenne bien de quoi il retourne. L'inscription de ce relief demeure la plus orientale de toutes celles connues des rois méroïtiques.

De l'avis des chercheurs, ces deux figures pouvaient l'une et l'autre marquer les confins des royaumes.

Quel rapport avec le Christ ? Au VIIe siècle de notre ère, les habitants de Missida bâtirent une église tout contre le rocher portant la figure, et il est doublement piquant que les archéologues polonais aient naguère baptisé leur projet « Le Bon Pasteur de Missida », la figure aux chèvres rappelant l'image paléochrétienne du Christ en berger. Sur les collines alentour, les chercheurs ont également découvert de grandes représentations d'un lion, d'un éléphant et, peut-être, d'un rhinocéros, ainsi que des croix chrétiennes et des navires.

Les plus anciens dessins d'animaux de cette région remontent, quant à eux, à la culture de Kerma, qui exista en Nubie approximativement de 2500 à 1500 avant notre ère.

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