jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

Le plus important de ce dont j'ai pu m'entretenir avec Mikhaïl Piotrovski, ce n'est ni la « chute permanente des directeurs » à Moscou, ni le cambriolage du Louvre, ni même les hystéries autour des « musées coloniaux », mais une question très concrète et

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Le plus important de ce dont j'ai pu m'entretenir avec Mikhaïl Piotrovski, ce n'est ni la « chute permanente des directeurs » à Moscou, ni le cambriolage du Louvre, ni même les hystéries autour des « musées coloniaux », mais une question très concrète et

Quelles lampes ? Des lampes du XIVe siècle, bel exemple d'art appliqué islamique, jadis offertes par Tamerlan au mausolée de Khodja Ahmed Yasavi et qui s'y trouvaient jusqu'au début du XXe siècle. Il y en avait six en tout. À l'Ermitage, on en compte, pour ainsi dire, deux et demie.

Où sont passées les trois autres ? Ces trois lampes ont été volées en 1905 et finalement vendues au Louvre, où elles se trouvent encore aujourd'hui. Le Louvre n'a pas l'intention de restituer le bien volé.

Et l'Ermitage ? Avec les lampes, d'autres objets ont été emportés du Kazakhstan. On estimait que sur place ils n'étaient pas suffisamment en sécurité ni conservés dans des conditions adéquates. Mais, formellement, on les emportait pour un dépôt temporaire. C'est alors qu'est entré au musée le colossal taïkazan, chaudron rituel en bronze richement orné, que l'Ermitage a rendu au Kazakhstan en 1989 et qui est aujourd'hui exposé dans le mausolée même.

Voici ce que Mikhaïl Piotrovski dit du retour des lampes :

du point de vue muséal, je considère qu'il ne faut pas y toucher : qu'elles restent à l'Ermitage et continuent de remplir leur rôle de monuments de l'art timouride. Le chaudron, revenu au mausolée, y a repris sa place naturelle. Mais à l'Ermitage, il participait à un récit plus large sur l'histoire de l'art musulman, où il était perçu comme un chef-d'œuvre exceptionnel. Désormais, il fait partie du récit sur l'histoire de l'islam au Kazakhstan. Ce sont des contextes différents.

Pour comprendre son point de vue, lisez l'entretien en entier, et surtout la première partie de notre conversation, consacrée précisément à la décolonisation des musées et à la restitution. Ce n'est pas un hasard si j'ai commencé par là, car, à vrai dire, c'est la question des lampes qui m'intéresse

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