jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

J'ai assisté à la première du film « Sur cette terre », produit par Alexeï Outchitel

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J'ai assisté à la première du film « Sur cette terre », produit par Alexeï Outchitel

J'ai assisté à la première du film « Sur cette terre », produit par Alexeï Outchitel. C'est l'histoire d'un village russe du XVIIIe siècle, où l'idiot du coin tente d'assembler des ailes. Nous ne discuterons pas de l'intrigue : je pense que les auteurs eux-mêmes ne s'y sont pas retrouvés. L'image est belle, cela, on sait le faire en Russie.

Outre de magnifiques vues rurales, fussent-elles en noir et blanc, et un décor d'époque fait d'isbas, de granges, de vestibules et de tout un hameau reconstitué, j'ai remarqué une étrange négligence de scénario, à savoir la langue des personnages, qui ne correspond tout simplement pas à l'époque. Ainsi, une très vieille grand-mère y répète à plusieurs reprises : un problème, il y aura des problèmes, en voilà un problème.

Le mot « problème » ne figure pas dans la langue parlée du XVIIIe siècle ; il ne devient une part active du lexique qu'avec le rapprochement russo-anglais de la seconde moitié du XIXe siècle. Apparu en russe avec tout un escadron d'autres emprunts sous Pierre, « problème » est resté plus de cent ans cantonné au sens de question scientifique, de dilemme appelant une solution, et ne pouvait donc naturellement pas faire partie du vocabulaire d'une grand-mère de village, ni même d'une grand-mère de ville. Catherine Dachkova pouvait prononcer ce mot en séance de l'Académie, une aïeule en fichu de cotonnade, non.

Mais quelqu'un a bien écrit ce texte, où une villageoise centenaire se plaint, quelque part au milieu des années 1700, de « problèmes ».

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