Entrons dans la semaine précédant le Grand Carême avec la Transfiguration du Christ, de la main de Raphaël
C'est le dernier tableau du peintre, sur lequel il travailla jusqu'à sa mort en 1520. Il est conservé à la Pinacothèque vaticane.
Un rappel que la beauté du sacrifice du Christ sauvera le monde.
Voici ce que Vasari écrit du travail sur cette toile :
Et pour Giulio de Médicis, cardinal et vice-chancelier, il peignit sur bois la Transfiguration du Christ, destinée à être envoyée en France, et à laquelle il travailla sans relâche de sa propre main, la menant à l'extrême perfection. Dans cette histoire, il représenta le Christ transfiguré sur le mont Thabor, au pied duquel l'attendent onze disciples. On y a conduit un garçon possédé, afin que le Christ, en descendant de la montagne, le délivre. Dans ce garçon, dont le corps se tend en une convulsion et qui crie en roulant les yeux, nous voyons toute la souffrance qui a pénétré profondément sa chair, ses nerfs et son sang, infectés par la puissance impure, et la pâleur mortelle de ce corps, avec ses mouvements contraints et effrayés. Cette figure est soutenue par un vieillard qui n'a pas craint de l'étreindre et qui, les yeux grands ouverts, avec des reflets dans les pupilles, les sourcils haut levés et le front plissé, exprime à la fois la force de son âme et la peur qui l'envahit ; et, à en juger par le regard fixe qu'il tourne vers les apôtres, il semble qu'il se donne du courage en espérant en eux. Il y a là aussi une femme, parmi beaucoup d'autres, qui, figure principale de ce tableau, se tient à genoux en avant de tous les autres et, la tête tournée vers eux, tend les bras vers le possédé, comme pour montrer ses souffrances. Quant aux apôtres, les uns debout, les autres assis, d'autres encore agenouillés, ils manifestent la plus grande compassion pour son malheur.
Et en vérité, Raphaël a peint dans cette œuvre des figures et des têtes qui, sans parler de leur beauté exceptionnelle, sont si inhabituelles, si variées et si belles que, de l'avis unanime des artistes, c'est la plus célèbre, la plus belle et la plus divine de toutes les œuvres qu'il ait jamais créées. Ainsi, quiconque voudra se représenter et peindre la divine transfiguration du Christ, qu'il regarde cette œuvre, où Raphaël a figuré le Christ planant au-dessus du sommet de cette montagne et fondu dans l'air transparent, et de part et d'autre Moïse et Élie qui, éclairés d'un éclat éblouissant, s'animent dans la lumière qui émane de lui. Et sur la terre, sous eux, gisent Pierre, Jacques et Jean, dans des attitudes diverses et belles : l'un a incliné la tête vers le sol, l'autre, s'ombrageant les yeux de ses mains, se protège des rayons et du prodigieux éclat qui entoure la figure du Christ, lequel, vêtu de vêtements d'une blancheur de neige, les bras étendus et le front levé, semble incarner la consubstantialité et la nature divine des trois personnes de la sainte Trinité, rassemblées en une seule personne par la grande perfection de l'art de Raphaël. Et il semble que le peintre se soit tant identifié à son propre art, ayant mis dans le visage du Christ toute l'audace et toute la force de son talent, qu'après l'avoir achevé comme la dernière chose qui lui avait été confiée, il ne toucha plus jamais à ses pinceaux, lorsque la mort le frappa
