Le monument « Cœur de l'Europe » devant le siège bruxellois du Parlement européen, œuvre de Ludmilla Tchérina (1924-2004)
J'ai entendu le nom de Tchérina pour la première fois dans le générique d'ouverture des « Chaussons rouges », pour découvrir qu'elle n'était pas seulement actrice et danseuse, mais aussi sculptrice, peintre et écrivaine. Pourtant, ce sonore prénom russe, elle ne le devait pas à ses parents, mais à Serge Lifar, son directeur artistique dans la troupe du Ballet de Monte-Carlo, où elle devint danseuse étoile en 1942, à l'âge de 18 ans.
Ludmilla, née Monique, vit le jour en France, dans la famille d'une Française et d'un colonel circassien et russe, Tchemerzine. Le père de Ludmilla-Monique descendait, du côté paternel, d'une lignée princière circassienne et, du côté maternel, de la noblesse des Joukovski-Volynski ; propriétaire de haras, savant, inventeur et militaire, il avait émigré en France.
Tchérina fut avant tout connue comme danseuse : elle se produisit dans la troupe de Kniazev, à l'Opéra de Marseille, au « Nouveau Ballet de Monte-Carlo », au « Ballet du XXe siècle » de Maurice Béjart, et fonda sa propre compagnie. Dotée dans les années 1940 d'un sonore pseudonyme russe grâce à la mode du ballet russe et des ballerines russes, Tchérina devint dans les années 1950 la première ballerine étrangère à danser sur la scène du Bolchoï.
Elle tourna dans des films hollywoodiens, écrivit des livres, fut l'une des figures mondaines les plus séduisantes du beau monde français et une beauté reconnue, qui toisait ses admirateurs depuis les pages de nombreux magazines de mode.


