Un tableau de Pierre Paul Rubens plonge le spectateur dans l'histoire dramatique de l'Orient antique
Un tableau de Pierre Paul Rubens plonge le spectateur dans l'histoire dramatique de l'Orient antique. Le sujet repose sur le destin de la reine Artémise, qui régna sur la Carie au IVe siècle avant notre ère. Cet État se trouvait sur le territoire de la Turquie actuelle et faisait partie de la puissante Empire perse. À la mort de son mari et frère Mausole, la souveraine inconsolable résolut de dissoudre littéralement sa mémoire en elle-même. Elle ordonna de brûler le corps de son époux, mêla les cendres au vin et but ce breuvage, devenant une tombe vivante pour l'être aimé. Parallèlement, elle entreprit la construction du grandiose mausolée d'Halicarnasse, qui est entré dans l'histoire comme l'une des sept merveilles du monde.
Rubens recrée cette légende asiatique à travers le prisme du faste baroque de son temps. L'Orient se reconnaît sur la toile à l'abondance d'étoffes précieuses importées, au lourd brocart et aux turbans exotiques coiffant les personnages secondaires. Les cruches et les coupes, soigneusement rendues, évoquent les vases précieux que les marchands européens rapportaient des pays du Levant. Les éléments architecturaux à l'arrière-plan renvoient, eux, au contexte historique réel d'Halicarnasse, où la classicisme grec se mêlait aux traditions monumentales perses. Pour le public européen du XVIIe siècle, ce sujet tiré du lointain passé de l'Asie Mineure tenait lieu de symbole suprême de la fidélité conjugale.