jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

Il existe dans la collection du Musée Pouchkine un cliché de 1898, pris dans l'ouïezd de Bogorodsk, gouvernement de Moscou, par le docteur Alexandre Jivago, intitulé « Trois paysannes. Les Ventres-de-travers de Riazan »

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Il existe dans la collection du Musée Pouchkine un cliché de 1898, pris dans l'ouïezd de Bogorodsk, gouvernement de Moscou, par le docteur Alexandre Jivago, intitulé « Trois paysannes. Les Ventres-de-travers de Riazan »

Il existe dans la collection du Musée Pouchkine un cliché de 1898, pris dans l'ouïezd de Bogorodsk, gouvernement de Moscou, par le docteur Alexandre Jivago, intitulé « Trois paysannes. Les Ventres-de-travers de Riazan ».

Mais que sont donc ces Ventres-de-travers ?

Saltykov-Chtchedrine en parle dans son « Histoire d'une ville », où il les range parmi d'autres « tribus » :

Dans le voisinage des Têtes-de-linotte vivaient quantité de tribus indépendantes, mais seules les plus remarquables d'entre elles ont été nommées par le chroniqueur, à savoir : les Mangeurs-de-morse, les Mangeurs-d'oignon, les Mangeurs-de-bouillie, les Airelliers, les Extravagants, les Fèves-tournantes, les Grenouillards, les Sabotiers, les Palais-noirs, les Fendeurs, les Têtes-enfoncées, les Aveugles-nés, les Lippus, les Oreilles-pendantes, les Ventres-de-travers, les Mangeurs-de-ripus, les Coin-du-mur, les Mangeurs-de-hachis et les Manches-en-l'air.

Ces mystérieux sobriquets d'autrefois donnés aux citadins russes sont déchiffrés par l'ethnographe Ivan Sakharov, qui explique que les « Mangeurs-de-morse » désignaient les habitants d'Arkhangelsk, les « Mangeurs-de-bouillie » et les « Fendeurs » ceux de Novgorod, les « Airelliers » ceux de Vladimir, les « Extravagants » ceux de Briansk, les « Fèves-tournantes » ceux de Mourom, les « Grenouillards » ceux de Dmitrov, les « Sabotiers » ceux de Klin, les « Palais-noirs » ceux de Kolomna, les « Têtes-enfoncées » ceux d'Orel, les « Aveugles-nés » ceux de Pochekhonié, les « Oreilles-pendantes » ceux de Rostov, les « Ventres-de-travers » ceux de Riazan, les « Mangeurs-de-ripus » ceux de Tver, les « Coin-du-mur » ceux de Kholmogory et les « Manches-en-l'air » ceux de Tchoukhloma.

Selon Vladimir Dahl et Ivan Sakharov, le sobriquet riazanais de « Ventres-de-travers » tiendrait à une vieille habitude locale : porter une hache glissée dans la ceinture, ce qui, de loin, donnait au ventre l'apparence d'être de biais. Dahl précise que les hommes armés de haches étaient si nombreux à Riazan parce que la ville était réputée pour son savoir-faire de charpentiers. Sakharov, lui, suppose que la cause en est la route frontalière, périlleuse, toujours menacée par les brigands, ce qui obligeait à garder en permanence la hache à la ceinture.

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