jeudi, 8 octobre 2026

Dans le roman de Robertson Davies, un expert reconnaît un faux Hubert van Eyck grâce au singe

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« Dans le roman du célèbre écrivain canadien Robertson Davies, Ce que recèlent les os [titre russe : « Что в костях заложено »], est décrite une réunion d'experts internationaux à La Haye, dans la seconde moitié des années 1930. Venus des États-Unis, de France, de Belgique et d'Allemagne, des historiens de l'art connaisseurs, rejoints par leurs collègues néerlandais, doivent établir l'authenticité d'une toile de Hubert van Eyck récemment découverte, La Descente aux enfers. Une partie des experts est convaincue que l'œuvre est authentique, une autre nourrit des doutes fondés moins sur des arguments sérieux que sur le sentiment intime que quelque chose cloche dans ce tableau. À un moment donné, la parole est donnée au jeune expert et restaurateur canadien Francis Cornish, qui déclare que la toile, signée du monogramme de Hubert van Eyck, n'est rien d'autre qu'un faux et qu'une analyse technique du tableau est superflue. Choqués par l'assurance du jeune connaisseur, les vénérables historiens de l'art exigent qu'il justifie une négation aussi catégorique de l'authenticité de l'œuvre.

À cette exigence, Cornish répond par une question : « Depuis quand n'êtes-vous pas allés au zoo, messieurs ? » Face aux visages stupéfaits des lumières du monde de l'art, le Canadien explique sa question : « Un seul détail du tableau nous donne toutes les indications nécessaires <…>. Regardez le singe qui pend, accroché par la queue aux portes de l'enfer, dans le coin supérieur gauche. »

Aux objections des experts, qui s'efforcent d'expliquer au jeune homme l'iconographie du singe enchaîné dans l'art du XVe siècle, symbole de l'humanité déchue avant la venue du Christ, Cornish rétorque que le singe est suspendu à sa propre queue. L'un des experts n'y voit rien d'étrange et demande : « Et pourquoi ne serait-il pas suspendu à sa propre queue ? »

La réponse du jeune Canadien désavoue définitivement l'attribution du tableau : « Parce que les singes de Gand, du temps des van Eyck, ne faisaient pas cela. Ce singe est un Cebus capucinus, qui vit dans le Nouveau Monde. Quant au singe enchaîné de l'iconographie traditionnelle, il est natif de l'Ancien Monde, c'est le Macacus rhesus. Le singe représenté sur ce tableau <…> était inconnu en Europe avant le XVIe siècle, et Hubert van Eyck, inutile de le rappeler, est mort en 1426. »

Un excellent texte sur les faux de l'avant-garde russe : https://www.colta.ru/articles/art/26369-konstantin-akinsha-poddelnyy-russkiy-avangard

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