Le député Raskin propose une exposition du Smithsonian sur la propagande de Trump
Le député démocrate du Maryland Jamie Raskin a déposé à la Chambre des représentants des États-Unis un projet de loi qui oblige la Smithsonian Institution à créer une exposition permanente consacrée à la propagande de Donald Trump.
Le projet de loi s'intitule « Loi sur la préservation et la mémoire de l'histoire de Trump et des autres tyrans ».
Le document charge la direction de la Smithsonian de collecter et de conserver les objets liés à l'autocélébration du président. Parmi eux, d'immenses bannières à l'effigie de Trump, qui ornent depuis environ 21 mois les bâtiments des administrations fédérales, ainsi que les plaques que le président compte faire poser devant les musées de la Smithsonian pour mettre en garde contre une « mainmise idéologique » sur l'institution. En outre, l'institution devra rassembler les photographies, les vidéos et les témoignages personnels de citoyens qui se sont opposés à l'autoritarisme.
L'exposition doit raconter la montée de la propagande d'État, de la corruption et de l'autoritarisme sous les deux mandats présidentiels de Trump, et les inscrire dans la lignée des manifestations antérieures de l'extrémisme politique aux États-Unis. Le projet de loi cite le mouvement des « Know-Nothings » (littéralement les « ne-savent-rien ») du milieu du XIXe siècle, c'est-à-dire le parti qui s'en prenait aux immigrants et aux catholiques, le mythe de la « Cause perdue » autour de 1900, qui justifiait et romançait la Confédération sudiste, et le maccarthysme des années 1950, c'est-à-dire la campagne de persécution de personnes soupçonnées de sympathies communistes. Le projet de loi propose même sa propre plaque pour l'exposition : on y lirait que Trump a ordonné l'installation de ses plaques sans l'autorisation du Congrès que requiert la Constitution, et que le 119e Congrès a approuvé cette exposition par une loi.
Raskin a déclaré que le pays devait étudier les agissements d'un président corrompu afin de ne pas retomber dans cette dérive vers l'autoritarisme. Selon lui, la société doit savoir par quels moyens Trump a tenté de remodeler l'histoire américaine selon ses vues autocratiques.
Le projet de loi répond en partie au décret présidentiel 14416 « Sur le rétablissement de la confiance dans la Smithsonian Institution », que Trump a signé en juillet. En mars 2025, peu après le début de son second mandat, Trump avait ordonné un audit complet de l'institution. Plus tard, la Maison-Blanche a commencé à examiner le contenu de huit musées de la Smithsonian et a publié une liste de 20 expositions qu'elle jugeait inacceptables. En juillet 2026, l'administration a publié un rapport de 162 pages intitulé « Sauver l'histoire de l'Amérique », qui affirme que le Musée national d'histoire américaine a fait l'objet d'une « mainmise institutionnelle d'une idéologie militante radicale ». L'administration a également proposé de réduire le financement de l'institution de 12 % en 2026 et de 11 % en 2027. En septembre, le secrétaire, c'est-à-dire le chef de la Smithsonian Institution, Lonnie Bunch, a annoncé qu'il quitterait ses fonctions à la fin de l'année