jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

En avril 1917, à la veille de la crise d'Avril qui allait emporter, à cause de la note de Milioukov, le premier Gouvernement provisoire, le grand sujet politique à Moscou était l'« Emprunt de la liberté », c'est-à-dire l'emprunt de guerre du Gouvernement

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En avril 1917, à la veille de la crise d'Avril qui allait emporter, à cause de la note de Milioukov, le premier Gouvernement provisoire, le grand sujet politique à Moscou était l'« Emprunt de la liberté », c'est-à-dire l'emprunt de guerre du Gouvernement

Le 15 avril, le Soviet de Moscou, qui siégeait dans l'ancien hôtel du gouverneur général, sur la place Skobelev même, apporta son soutien à l'emprunt par une résolution. Deux jours plus tard, sous ses fenêtres, près du monument à Skobelev, s'ouvrit un grand meeting.

Les cadets et les socialistes populaires appelaient à donner « au nom de la liberté » ; les bolcheviks, depuis la même tribune, expliquaient que cet emprunt n'était pas celui de la liberté, mais celui de la guerre et du capital. Les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires, eux, tergiversaient encore : ils soutenaient pour l'heure le gouvernement.

Paoustovski donne la description classique de ce que furent les meetings de la place Skobelev, lieu de débats passionnés. Au pied du monument, dit-il, prenaient la parole les représentants de tous les partis, des cadets aux bolcheviks ; les discours étaient véhéments, mais sérieux. Et quand un orateur s'avisait de débiter des sottises du haut de la tribune, la foule lui criait en chœur : « À la Taganka ! Au diable ! » La place Skobelev était la tribune politique sérieuse de la Moscou de 1917. Quant aux rumeurs carnavalesques sur Kerenski baptisé, originaire du bourg de Chpola, ou sur les pièces d'or de dix roubles trouvées chez des moines dans des pommes trempées, c'est l'affaire de la place de la Taganka, six kilomètres plus à l'est.

Les bolcheviks détruisirent le monument à Skobelev en mai 1918 : ils ne pouvaient attendre longtemps. À sa place, on érigea d'abord l'Obélisque de la Liberté, portant le texte de la constitution soviétique, puis Iouri Dolgorouki, et la place fut rebaptisée place Soviétique

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