jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

En 2022, un programmeur suisse de Lausanne, Solal Pirelli, en épluchant les actes de conférences placées sous l'égide de l'Association for Computing Machinery, découvrit des anomalies systématiques dans les travaux publiés sous la présidence de l'informat

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En 2022, un programmeur suisse de Lausanne, Solal Pirelli, en épluchant les actes de conférences placées sous l'égide de l'Association for Computing Machinery, découvrit des anomalies systématiques dans les travaux publiés sous la présidence de l'informaticien jordanien Shadi Aljawarneh, de l'Université jordanienne des sciences et technologies. Ces anomalies comprenaient une surabondance de citations d'Aljawarneh dans les parties liminaires des recueils, des articles qui le citaient plus de cent fois, et une conférence censée s'être tenue au Kazakhstan en plein confinement de la pandémie de Covid. En octobre 2022, Pirelli adressa un premier rapport sur ces problèmes aux instances de l'organisation, n'obtint aucune réponse et, en janvier 2023, publia sur son propre blog une analyse détaillée de ce qui se passait. Peu après la publication, Aljawarneh pria Pirelli de supprimer son billet, mais sans fournir de réfutations précises, se bornant à la formule générale : « vous avez tort ».

La réaction du monde académique fut immédiate : la conférence d'avril 2023 à laquelle Aljawarneh devait participer fut annulée, et lui-même fut exclu du comité de rédaction de la revue PeerJ Computer Science.

En novembre 2023, Pirelli apprit qu'Aljawarneh avait intenté contre lui, en Suisse, une action en diffamation par l'entremise d'une étude d'avocats genevoise, et avait versé son article au dossier comme preuve du préjudice porté à sa réputation. En juin 2025, le tribunal d'arrondissement de Lausanne déclara Pirelli coupable de diffamation, statuant que le blog « ne se limite pas à une critique de la qualité du travail, mais impute explicitement une fraude scientifique ».

Pirelli fit appel de ce jugement et, en octobre 2025, reçut une lettre l'informant que l'organisation avait clos son enquête et trouvé des « preuves claires et convaincantes » de violations répétées, par Aljawarneh, de la politique de publication. À l'issue de l'enquête, l'ACM rétracta 38 articles liés à l'affaire et prononça contre Aljawarneh des sanctions supplémentaires, dont le contenu n'est pas rendu public. La Cour d'appel pénale du canton de Vaud annula en janvier 2026 le verdict de première instance, concluant que « le comportement intentionnel du plaignant, consistant à falsifier et à gonfler les citations, peut effectivement être qualifié, au sens large, de fraude scientifique ».

L'arrêt détaillé et motivé, publié le 1er mai 2026, condamna Aljawarneh à rembourser à Pirelli ses frais de justice : 19 967 francs suisses pour la première instance et 7 044 francs pour l'appel. Aljawarneh dispose de trente jours à compter du 1er mai pour se pourvoir devant le Tribunal fédéral suisse, tandis que Pirelli continue de passer la littérature au peigne fin en quête d'anomalies de citation, et formule ainsi son mobile : les articles des revues que personne ne lit ne l'inquiètent guère, mais les clowneries dans les actes du même éditeur que celui qui publie aussi ses propres travaux nuisent à sa propre réputation.

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