« Ô, comme je sens le fardeau accumulé des nuits empoisonnées et des jours aigres-doux ! » écrivait Annenski dans « La Nostalgie du retour » en 1909, et depuis, ce fardeau ne cesse de s'accumuler chez nous, même si les vases où l'on a coutume de le conser
« Ô, comme je sens le fardeau accumulé des nuits empoisonnées et des jours aigres-doux ! » écrivait Annenski dans « La Nostalgie du retour » en 1909, et depuis, ce fardeau ne cesse de s'accumuler chez nous, même si les vases où l'on a coutume de le conserver changent. Cette semaine, dans notre rubrique, cinq expositions où ce même fardeau de jours aigres-doux se trouve réparti entre différentes époques et différents styles : des communes des Vkhoutemas à l'émigration berlinoise, des cours ossètes aux gratte-ciel staliniens.
☎️« Maison 21. Chez les artistes » au centre « Zotov », du 30 avril au 30 août. Un voyage imaginaire à travers cinq appartements de la légendaire maison des Vkhoutemas au 21 de la rue Miasnitskaïa, où vécurent et travaillèrent dans les années 1920 Rodtchenko et Stepanova, Drevine et Oudaltsova, Mitouritch et Khlebnikova, Kloutsis et Senkine, Favorski et ses élèves. Plus de deux cents œuvres venues de 22 musées sont présentées, dans une scénographie architecturale d'Evgueni Ass. Le point d'attraction chronologique se situe autour de 1934. Le formalisme est déjà déclaré antisoviétique, mais les répressions sont encore à venir. Dernier épisode, si reconnaissable, de la vie heureuse de cette commune.
🏞« Viktor Kalinine. Dans l'espace de la vie » à la Nouvelle Galerie Trétiakov, du 22 avril au 21 juin. Pour les 80 ans de cet artiste des années 1970, qui poursuit la ligne de la tradition picturale russe, des portraits de famille et des paysages de l'Altaï de son village natal de Zalessovo jusqu'aux thèmes bibliques de ses dernières années. Exposition intimiste, tenant dans la seule salle 38, mais qui comprend cinq toiles offertes par Kalinine à la Galerie Trétiakov en 2024, dont « La Famille », « Le Cheval dessellé » et « Automne 1941 ».
🗡« Khadzar des rêves » à la Maison de la culture « GES-2 », du 23 avril au 6 septembre 2026. Point final du projet « GES-2 : Villes », consacré au khadzar ossète, ce pavillon de cour niché entre les immeubles d'habitation de Vladikavkaz, où les voisins célèbrent des mariages, tiennent des veillées funèbres et prolongent des conversations pendant des décennies. À l'intérieur de GES-2, on a construit un khadzar provisoire ; à côté se trouve une galerie-cinéma où les spectateurs sont les montagnards de pierre de Soslanbek Edzeïev, du début du XXe siècle.
🇩🇪«(IN)connu. Konstantin Gorbatov » au musée « Nouvelle-Jérusalem », du 29 avril au 30 août. Pour les 150 ans de l'impressionniste russe qui émigra à Berlin en 1922 et y resta jusqu'à sa mort en mai 1945. Environ 80 œuvres, un appartement berlinois reconstitué avec la lettre-testament d'adieu adressée à la patrie, l'histoire de la façon dont les tableaux revinrent en URSS par une commission spéciale et échouèrent précisément à Istra, où est conservée aujourd'hui la plus grande collection Gorbatov au monde, forte de 120 œuvres.
😺« Dmitri Nalbandian. De la satire au canon » au Musée-atelier Nalbandian, rue Tverskaïa 8, bât. 2, du 29 avril au 6 septembre. Le projet se concentre sur la trajectoire paradoxale d'un artiste qui débuta dans les années 1930 comme caricaturiste au journal « Krokodil » et finit académicien, portraitiste de tous les chefs soviétiques, de Staline à Brejnev.