Peu importe ce qu'il y avait autour
Peu importe ce qu'il y avait autour. Et peu importe
de quoi la tempête de neige hurlait longuement là-bas ;
Qu'ils étaient à l'étroit dans le logis de berger,
Qu'il n'y avait pour eux nulle autre place au monde.
Traduction littérale
Premièrement, ils étaient ensemble. Deuxièmement,
et c'est le principal, ils étaient trois,
Et tout ce qui se mijotait, se faisait, se donnait
se partageait désormais au moins en trois.
Traduction littérale
Le ciel glacé au-dessus de leur halte,
avec son habitude du grand de se pencher sur le petit,
étincelait d'une étoile. Et elle n'avait désormais
nulle part où se dérober au regard de l'enfant.
Traduction littérale
Le feu flambait, mais la bûche s'achevait ;
Tous dormaient. L'étoile se distinguait des autres
plus que par son éclat, qui semblait superflu,
par le pouvoir de mêler le lointain au proche.
Traduction littérale
Le poème « Peu importe ce qu'il y avait autour », écrit par Joseph Brodsky le 25 décembre 1990, a été publié dans son dernier recueil, « Paysage avec inondation »