À la veille de l'ouverture du 78e Festival de Cannes, Brigitte Bardot, qui y avait fait ses débuts en 1953, il y a 72 ans, a accordé un entretien à la télévision française
À la veille de l'ouverture du 78e Festival de Cannes, Brigitte Bardot, qui y avait fait ses débuts en 1953, il y a 72 ans, a accordé un entretien à la télévision française. Brigitte rencontre rarement les journalistes et conserve invariablement un regard singulier : on l'écoute donc toujours avec intérêt.
Son entretien sera diffusé aujourd'hui à la télévision française, et le documentaire « Bardot » sera présenté ces jours-ci au Festival de Cannes ; la diva n'y a pris part qu'en filigrane, car ni Cannes ni le cinéma d'aujourd'hui ne l'intéressent. Je voudrais partager ce qu'il y a de plus intéressant dans les propos de l'une des grandes beautés du XXe siècle, et il ne s'agit ni de protection animale, ni de féminisme, ni de scandales dans le monde des acteurs, mais de la façon dont elle se voit à travers toutes ces années.
Bardot a, comme à son habitude, critiqué le cinéma contemporain. Mais peut-on lui donner tort en y voyant un cauchemar ? Trop de mauvais films, trop de gens sans importance.
« Il n'y a plus de grands acteurs, il n'y a plus de gens qui vous font rêver. »
Mais le plus significatif, à mon sens, c'est la confidence de l'actrice et son regret de n'avoir pas été libre. Elle dit littéralement : « J'étais prisonnière de moi-même. »
« De toute ma vie, je n'ai pas pu aller dans un bistrot prendre un café en terrasse. Je suis prisonnière de moi-même. Je ne peux pas me fuir. »
Ce fut l'une des raisons pour lesquelles, au faîte de sa célébrité mondiale, en 1973, elle décida de quitter le cinéma. « C'était mon choix. Je l'ai fait. » Pouvez-vous imaginer qu'elle ne tourne plus depuis plus de 50 ans ? Combien de rôles aurait-elle pu jouer, et quel fut l'éclat de sa flamme pour que sa lumière nous parvienne encore ?
« J'ai toujours voulu partir avant qu'on ne me quitte. Je sentais que le cinéma allait à la dérive. Je sentais qu'il n'y avait plus de belles histoires, de beaux scénarios, de bons dialogues, plus de réalisateurs. C'est ainsi que j'ai pris la décision de m'en aller. »
Plus tard, elle quitta aussi la ville qui faisait partie de son identité, pour la vie à la campagne, dans sa ferme sur les collines proches de Saint-Tropez, devenues son nouveau reflet.






