Sur les bancs permiens luit la craie humide d'un éclat pourpre de nacre d'ammonite
Sur les bancs permiens luit la craie humide
D'un éclat pourpre de nacre d'ammonite.
C'est le reflet des aurores antiques qui s'est pétrifié,
Le temps s'est fait corne. Ici sont enfouis
Les ossements des bêtes-sauriennes. Leur déclin
Précéda l'épanouissement des dinosaures,
Mais cette cascade bizarre de formes étranges
N'acquit pas la gloire terrible de leurs lauriers.
Parmi elles, des demi-grenouilles, des demi-lions,
Des demi-cerfs, des demi-tortues...
Le mystère s'est engourdi dans la poussière gelée,
Sous l'ouate des mousses assoupies, sous le feutre de l'herbe.
Sous l'humidité des lunes d'antan, tombées de leur orbite,
Sous la cendre des étoiles mortes qui perçaient les ténèbres de la nuit,
Au-dessus du cimetière des forêts enfouies dans l'anthracite,
Au-dessus des spasmes des feux qui tourmentaient les profondeurs,
Le tonnerre des éons s'apaisera, le rire des siècles se taira,
Sur la mer permienne s'étendra le sel du Trias,
Se lèvera une race encore inconnue,
Plus bizarre, plus terrible et plus déréglée que toutes.
Un bipède sans plumes. L'homme.
Par sa définition apparenté au dinosaure.
De tous les semblables aux bêtes le plus semblable à la bête,
Mais Image de Dieu. Hâte ta course !
Comme le dinosaure s'est transfiguré en oiseau,
Ne pourrais-tu te changer en ange,
Et plus qu'en ange ! La voûte des cieux est en flammes,
La corde vibre, la flèche vole vers le zénith,
Les abîmes sont béants, tous les livres sont ouverts,
La nouvelle transperce le temps : le Christ est ressuscité !
Traduction littérale
Andreï Anatolievitch Zaïtsev, 2006