jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

À mon sens, le problème des rassemblements de ce genre, où l'on tente de s'opposer à des géants commerciaux soutenus partout par les autorités, tient moins à l'absence de perspectives de pareilles entreprises dans notre pays qu'au fait que, dans le camp d

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À mon sens, le problème des rassemblements de ce genre, où l'on tente de s'opposer à des géants commerciaux soutenus partout par les autorités, tient moins à l'absence de perspectives de pareilles entreprises dans notre pays qu'au fait que, dans le camp des défenseurs de la bonne cause, se faufilent des personnages à demi béats et brouillons, qui gâtent le tableau par leur zèle déplacé et leur argumentation illettrée. Ainsi, aujourd'hui, après l'intervention creuse et retorse des promoteurs, s'est fait entendre la prise de parole brillante, circonstanciée, étayée et claire du juriste Dmitri Tcharakhtchian, qui a expliqué et mis en lumière pourquoi précisément le projet d'aménagement doit être revu, sur quels points, et sur quoi, très concrètement, les habitants doivent porter leur attention. Après Tcharakhtchian vient une architecte qui s'épanche sur la ruine en récits de l'histoire ancienne, du lien des siècles, d'on ne sait quel Japon, de l'odeur des kalatchi, de la magie des âges et des visiteurs d'Asie qui pourraient contempler ces beautés, si bien qu'à la moitié du discours de la seconde défenseuse de la colline d'Ivanovskaïa, l'effet de précision de la première intervention s'est effacé. Mais pourquoi diable vous mêlez-vous du débat public si, hors le lyrisme, vous n'avez rien de concret à offrir ? L'enjeu est sérieux : il s'agit d'une intrusion agressive dans un territoire historique, de la dissimulation de détails essentiels de la construction (les dimensions déclarées du bâtiment à venir sont deux fois moindres que celles réellement prévues). Les autorités sont entièrement du côté du promoteur. On nous promet des rives de kissel, dont on a déjà noyé, sous des fleuves de lait, le vieux Moscou. Tout le monde comprend pourtant que nous pousserons quelques soupirs avant de nous disperser, que tout ce qu'on voulait sera rasé au diable vauvert, que dans les espaces annoncés comme publics on ouvrira deux ou trois bars et restaurants, qu'on posera alentour un dallage neuf et des barrières à la mode, et puis qu'on rasera et défigurera le quartier suivant.

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