La licorne de Magdebourg, célèbre chimère du XVIIe siècle
La licorne de Magdebourg, célèbre chimère du XVIIe siècle. En 1663, des ossements découverts dans les montagnes servirent à reconstituer l'aspect supposé de leur propriétaire. L'auteur de l'hypothèse de la licorne fut le physicien, ingénieur et bourgmestre de Magdebourg Otto von Guericke. Cent ans plus tard, Leibniz se prononça à son tour sur la trouvaille : il tenait pour évident que l'on fait souvent passer des restes de narvals pour des os de licorne, mais il ne voyait tout de même aucune raison de douter du témoignage de l'éminent savant qu'était Guericke, lequel affirmait avoir trouvé l'animal dans les dépôts d'une grotte, couché sur son arrière-train, la tête dressée, avec sur le crâne une corne longue de cinq avant-bras. L'intégrité du squelette, selon son inventeur, avait souffert de l'ignorance des terrassiers, qui avaient mis la trouvaille en pièces pour l'extraire plus commodément. En réalité, la bête fut assemblée à partir d'une corne de narval, d'un crâne, naturellement, de rhinocéros laineux et d'os de mammouth. Dans les années 2000, des savants allemands résolurent de rendre à la licorne sa minute de gloire et firent paraître une publication facétieuse sur l'extraction de son ADN : aussitôt, les clichés de la reconstitution de cette curiosité, conservée au Musée d'histoire naturelle de Magdebourg, se répandirent sur la toile.

