samedi, 3 octobre 2026

Au Moyen Âge, le lapin était associé à la conception virginale

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Au Moyen Âge, le lapin était associé à la conception virginale

Au Moyen Âge, le lapin était associé à la conception virginale. Ce n'est pas un hasard si l'on trouve un lapin dans l'iconographie de la Vierge, par exemple aux pieds de la Madone de Titien.

On croyait que la lapine pouvait mettre bas sans s'être accouplée avec un mâle, idée qui remontait elle-même à l'opinion selon laquelle les femelles du lapin pouvaient avoir deux portées à la suite d'un seul accouplement. Cet animal aux propriétés singulières était rangé au rang des bêtes prodigieuses et enchantées.

Outre qu'à l'approche de l'hiver le lapin (ou le lièvre, les auteurs médiévaux ne les distinguaient pas) change la couleur de sa fourrure, on se figurait qu'il changeait aussi de sexe en cas de besoin. À vrai dire, la biologie elle-même connaît la description de cas extrêmement rares de parthénogenèse (conception virginale) chez les lapins.

Outre leur rôle dans les nombreux rites pascaux et dans le légendaire chrétien, les lapins ont tenu leur partie dans l'établissement scientifique des mécanismes de l'hérédité. Et de façon assez inattendue. Darwin supposait que certaines capsules contenant l'information héréditaire se trouvaient dans les cellules sexuelles. Selon lui, ces particules, appelées gemmules, étaient transmises par le sang depuis les tissus de l'organisme porteurs de l'information requise jusqu'aux cellules des organes sexuels.

Que Darwin se trompait, son contemporain Francis Galton le démontra de façon éclatante par une expérience sur des lapins : il prit des albinos et des lapins noirs, et transfusa le sang des individus d'une robe aux animaux de l'autre. Si la théorie de Darwin avait été juste, l'information sur la couleur noire du pelage aurait dû passer, avec le sang du lapin noir, dans les cellules sexuelles de l'albinos, et la descendance de ce lapin, après accouplement avec un autre lapin blanc, serait tout de même sortie noire. Ce qui n'arriva dans aucune des combinaisons.

Galton en conclut cependant que les cellules sexuelles contiennent déjà l'information héréditaire, et de deux types : l'une influant sur le nouvel organisme, l'autre transmise à l'état dormant à ses descendants, ce qui constituait, dans l'ensemble, le fondement de la compréhension de la nature duale de l'hérédité, que les découvertes futures allaient confirmer.

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