La Constitution de Brejnev avait son lot d'absurdités : l'URSS y était définie comme un État de la dictature du prolétariat, qui avait accompli ses tâches et était devenu un État du peuple entier ; y figurait la notion de « socialisme développé », étape s
La Constitution de Brejnev avait son lot d'absurdités : l'URSS y était définie comme un État de la dictature du prolétariat, qui avait accompli ses tâches et était devenu un État du peuple entier ; y figurait la notion de « socialisme développé », étape sur la voie du communisme ; y étaient évoquées la science avancée, les puissantes forces productives et une nouvelle communauté historique, le peuple soviétique. Le but suprême de l'État soviétique était proclamé : l'édification de la société communiste sans classes. Le texte de la loi fondamentale comportait aussi d'éclatantes contradictions entre articles. Ainsi, les articles 1 et 2 affirmaient que le peuple de l'URSS exerce le pouvoir par l'intermédiaire des Soviets de députés du peuple, lesquels constituent le fondement politique de l'État. L'article 6, lui, précisait que le noyau du système politique était le PCUS, qui tranchait toutes les questions essentielles de l'État : économiques, politiques et internationales. Autrement dit, en dépit des articles 1 et 2, ce n'était ni le chef de l'État ni le gouvernement qui dirigeait le pays, mais le chef du parti.
Ce qu'il faut attendre de la Constitution remaniée qui va bientôt nous tomber sur la tête, vous le devinez sans doute fort bien vous-mêmes.