La Pythie, assise sur un trépied au-dessus d'une crevasse d'où montaient des vapeurs embaumées, les respirait, et son esprit s'enflammait alors d'une inspiration divine
Plutarque, Sur les oracles de la Pythie
Mais ni Plutarque ni Hérodote ne parlent de ces « vapeurs divines » de Delphes de manière univoque. La brume qui sortait du rocher passe plutôt pour une métaphore des révélations d'outre-monde. Telle est du moins l'interprétation pragmatique de la légende. D'autant que les fouilles de la fin du XIXe siècle n'ont révélé sous le temple aucun gouffre.
Mais là où archéologues et historiens se sont montrés sceptiques, les géologues ont été convaincants, en découvrant deux failles actives, celles de Delphes et de Kerna, à l'endroit même de l'oracle.
On estime que l'activité sismique de ces failles échauffe les couches calcaires sous-jacentes, ce qui met en mouvement des gaz filtrant à travers les fissures de la roche. L'un des gaz identifiés a une odeur douceâtre et un effet narcotique : inhalé à forte dose, il provoque une transe euphorique, exactement celle qu'on attribuait à la Pythie.
