jeudi, 8 octobre 2026

Le Musée d'histoire de l'art de Vienne et « Adam et Ève » de Lucas Cranach dans ses collections

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J'ouvre une nouvelle rubrique hebdomadaire.

Aujourd'hui, nous visitons le principal musée d'art de Vienne, le Kunsthistorisches Museum (Musée d'histoire de l'art), dont le fonds réunit plusieurs collections royales : celles de l'archiduc Léopold, de l'empereur Rodolphe II et du prince Eugène de Savoie. Les Italiens et les Néerlandais y dominent. Les œuvres italiennes sont si nombreuses qu'un programme de restitution à l'Italie d'une partie du patrimoine culturel emporté à Vienne, du temps où les terres du nord de l'Italie faisaient partie de l'Autriche, a même été un moment à l'ordre du jour. Aujourd'hui, ce sont précisément les écoles picturales italiennes qui sont le plus richement représentées au Kunsthistorisches Museum. Le second joyau des réserves est constitué par les vieux maîtres des Pays-Bas et de Flandre, de van Eyck et van der Weyden à Mabuse et Mor, de Rubens et Rembrandt à van Dyck et Frans Snyders, ainsi que par la plus importante collection de Bruegel l'Ancien au monde.

Parmi les trésors du musée figurent aussi des œuvres du peintre allemand Lucas Cranach, par exemple Adam et Ève, que je voulais vous montrer aujourd'hui. Plusieurs musées dans le monde peuvent se vanter de posséder un tableau ou un diptyque portant ce titre. Chez Cranach, le nu se produisait à la chaîne. Nous avons de la chance : à Saint-Pétersbourg, on peut voir l'un des « nus » majeurs de Cranach, Vénus et Cupidon. Beaucoup tiennent pour acquis que nombre de toiles ultérieures y font référence. En 2011, à Paris, le Musée du Luxembourg a accueilli une grande exposition sur la Renaissance allemande, dont une salle entière était consacrée aux corps dénudés chez Cranach : on y trouvait des nymphes, quatre Lucrèce à la fois, pieuses, se poignardant pour cause de déshonneur, et presque toutes les variantes d'« Adam et Ève ».

Ce sujet biblique très prisé, celui des premiers parents de l'humanité, n'était pas toujours exécuté pour des commandes d'église. La plupart des œuvres furent peintes pour des collections privées. L'atelier à la mode du peintre, à Wittenberg, était fameux non seulement par son nom, mais aussi par le nombre de ses ouvrages : les Adam et Ève de Cranach ornaient les alcôves de riches églises comme les boudoirs des palais.

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