Le ministère de l'Éducation de la Fédération de Russie envisage d'attribuer, dès le 1er septembre, une note de conduite de la première à la onzième classe
La proposition d'instaurer de telles notes avait été avancée au Conseil présidentiel pour les droits de l'homme (SPTch) dès 2024.
À titre expérimental, des notes de conduite sont attribuées depuis le début de l'année scolaire 2025/26 dans 89 écoles de sept régions de Russie, chacune ayant choisi l'une des trois formules proposées : validé/non validé, échelle à trois points ou échelle à cinq points. À l'issue de l'expérience, un seul modèle sera retenu.
Rappelons que la mission de l'école ne se borne pas à l'instruction : elle comprend aussi l'éducation.
Le système de notation de la conduite existait en Russie avant la révolution. En mai 1918, il fut interdit par un arrêté du commissaire du peuple à l'Instruction publique Lounatcharski, mais l'interdiction visait en réalité l'«application du système de notes chiffrées pour évaluer les connaissances et la conduite des élèves, dans tous les cas sans exception de la pratique scolaire». Autrement dit, on cessa de noter la conduite dans les écoles au moment où toute notation fut purement et simplement abolie. Peu à peu, pourtant, les écoles soviétiques revinrent à l'ancien système : en 1935, à une échelle verbale («excellent – bien – passable – mauvais – très mauvais»), puis, en 1943, à une échelle chiffrée.
Quelle influence ces notes de conduite avaient-elles sur la scolarité ? Seules la conduite excellente et la conduite bonne étaient admises. En cas de bonne conduite, l'élève était tenu de corriger son écart avant le trimestre suivant, faute de quoi la note pouvait être abaissée. Un trois en conduite valait avertissement d'exclusion de l'école. L'exclusion était sanctionnée par un deux. Un cinq en conduite était la condition pour obtenir le certificat de fin d'études.