Achète !
Achète ! Achète ! Achète ! Me voici à une nouvelle foire d'art contemporain, oui, une de plus en cette année qui a dilapidé tous ses budgets. Elle s'appelle Oberton et se consacre exclusivement à l'art graphique. Elle se tient dans la zone industrielle derrière la gare de Leningrad. Le chauffeur de taxi était fort curieux de savoir où nous allions, et c'était ici, parmi des ruines de brique d'une civilisation plus avancée.
Arrivé, je regarde. Tout autour, des hangars, des châteaux d'eau et des centrales électriques antédiluviennes. Un espace « derrière les garages », mais à l'échelle de tout un arrondissement moscovite. À l'intérieur de l'ancien dépôt à plaque tournante, des stands tout neufs, très pimpants. Ils sentent encore la peinture. Ou bien est-ce que ce sont les prix qui m'ont sauté aux yeux ?
Et l'on a le sentiment que l'art graphique est rentré dans sa maison natale. Où le noir et blanc et le papier seraient-ils plus à leur place que dans un ancien décor industriel ? Surtout en un temps où la vie n'est que hachures et où les perspectives ne se dessinent qu'en pointillé.
Quant à l'ambulance, on peut la prendre si l'on demande devant chaque œuvre : combien ça coûte ? combien, combien ??
