Le 11 avril, Netflix diffusera l'entretien scandaleux et tristement célèbre de la princesse Diana accordé à la BBC le 20 novembre 1995, suivi par 23 millions de téléspectateurs
Le 11 avril, Netflix diffusera l'entretien scandaleux et tristement célèbre de la princesse Diana accordé à la BBC le 20 novembre 1995, suivi par 23 millions de téléspectateurs. On a dit de lui qu'il était « l'entretien qui a ébranlé le monde ».
Vingt-six ans ont passé, et l'on ne sait toujours pas très bien pourquoi Diana a consenti à une conversation aussi franche avec un journaliste obscur, qu'elle ne connaissait pas, Martin Bashir. Par quoi a-t-il gagné sa confiance ?
C'est l'entretien même dans lequel la princesse a évoqué ses graves difficultés et ses tourments les plus intimes, sa longue dépression et sa boulimie, sa manière de vivre la traque des journalistes et son malheur conjugal. C'est dans cet entretien que Diana a parlé de la liaison du prince Charles avec Camilla Parker Bowles, et c'est là que fut prononcée la phrase : « Nous étions trois dans ce mariage, alors c'était un peu bondé. » Diana y a en outre révélé sa propre liaison avec un officier de l'armée, James Hewitt.
Le caractère scandaleux de l'entretien tient non seulement aux paroles de la princesse Diana, dont les confidences ont effectivement enfreint plusieurs protocoles et règles non écrites, mais aussi au fait qu'il y a lieu de penser que Bashir a obtenu la possibilité de mener et d'enregistrer cet échange par la ruse, en induisant en erreur des proches de Diana, en particulier son frère, le comte Spencer, qu'il aurait berné en lui montrant de faux documents, des relevés bancaires, des certificats médicaux, et en falsifiant, dit-on, jusqu'aux informations sur un avortement. Par la suite, Charles Spencer a reçu des excuses officielles de la direction de la BBC, mais une enquête digne de ce nom n'a jamais été présentée ni au public ni à la famille.
On sait bien que Diana a amèrement regretté que cet entretien ait vu le jour, et qu'il fut pour elle un grand traumatisme. On ne saurait avoir un jugement nuancé sur ce produit, compte tenu de l'histoire de sa fabrication, faite de mensonges monstrueux, de manipulations et de chantage. Aujourd'hui, Netflix le diffusera de nouveau, en l'enrobant pour ainsi dire d'une enquête sur les circonstances de sa création.
Restent ouvertes les questions de savoir pourquoi le service de streaming a décidé de revenir à cet entretien de Lady Di précisément maintenant, et pourquoi il qualifie son projet de documentaire. Et surtout : pourquoi, hormis les sommes folles, naturellement, qu'il tire de l'exploitation de la mémoire de Diana. Plus grande encore est la question de savoir si Harry et Meghan sont mêlés à cette affaire, et si Harry rompra avec cette maison après pareille horreur, ou si l'attrait des dollars l'emportera tout de même.
Pour l'instant, l'annonce ressemble à une nouvelle étape de la campagne de dénigrement de la famille royale britannique, à l'instar de « The Crown » et de la comédie musicale « Diana ». Et, pour dire vrai, la conduite de Netflix est tout simplement répugnante : c'est du manque de respect, de l'absence de principes et une avidité honteuse. Quand laissera-t-on enfin Diana reposer en paix, et cessera-t-on de faire de l'argent et de se bâtir un statut sur son nom ?