jeudi, 8 octobre 2026

Une question à Poutine sur le servage et les déboires agricoles de Konstantin Lévine

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Une question à Poutine sur le servage et les déboires agricoles de Konstantin Lévine

La question posée à Poutine sur le retour du servage m'a rappelé mon cher Konstantin Lévine, découvrant que les râteliers à fourrage étaient cassés et n'avaient pas été réparés depuis l'hiver. La batteuse, elle aussi, était en panne : les moujiks, voyez-vous, ne goûtaient guère cette machine. Et le charpentier, qui aurait dû la réparer, s'occupait des herses, cassées depuis le Mardi gras. Puis l'intendant vint annoncer que l'on avait ensemencé en trèfle non pas 20 désiatines, comme l'avait voulu Lévine, mais seulement 6. L'avoine, qui n'avait pas été remuée à temps, avait germé avant l'heure. Pour le semis du trèfle, on n'écrase pas les graines, et elles ne lèveront pas comme il faut. Et tous les autres projets et calculs du maître pour l'avenir ne se réalisaient pas, ne tenaient pas debout : «... se répétait cette éternelle négligence de l'exploitation, contre laquelle il luttait depuis tant d'années de toutes ses forces». Et chaque nouvel intendant, et chaque moujik, répétait la même chose : quoi que tu fasses, quelque peine que tu te donnes, le résultat sera, en fin de compte, «ce que Dieu voudra bien donner». Tout cela contrariait Lévine, et il comprenait que les moujiks n'étaient pas encore prêts pour la liberté, et qu'à tout bout de champ, sans méchanceté mais tout de même avec préméditation, ils gâtaient l'ouvrage, tout en promettant de s'appliquer «comme pour leur propre père».

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