Le magnifique Léon Bakst de la collection du Musée russe à l'exposition de la GES-2
Œuvre majeure de l'artiste de l'Âge d'argent Léon Bakst, méditation sur le sort de l'héritage antique dans le contexte des catastrophes sociales et politiques du début du XXe siècle.
Peinte après la guerre russo-japonaise et la révolution de 1905-1907, la toile exprime les sombres pressentiments qui flottaient dans l'air : la fin de l'ancien ordre approchait.
En représentant la destruction d'une cité de la Grèce antique, le peintre s'attache moins à l'ampleur des ravages qu'il ne fixe la peur devant la crise de la civilisation. Pourtant, pour l'artiste, le classicisme n'est pas une chose révolue : il faut y revenir. Il est la source d'une clarté esthétique, par opposition au chaos de la subjectivité moderniste, à la préciosité et à l'excès décoratif. Selon Bakst, c'est précisément la matérialité inébranlable de l'héritage antique qui survivra à tous les cataclysmes.
En partie, cette fantaisie s'est révélée prophétique. Les tendances néoclassiques, nées au sein même du modernisme, ont conduit à l'apparition d'une « Antiquité soviétique » et de nouvelles images d'un avenir utopique.
