Dante et son rêve d'un aigle doré qui l'emporte vers le feu, chant IX du «Purgatoire
À l'heure où chante, saluant l'aurore, l'hirondelle, et son chant est plaintif, comme si lui revenait en mémoire un chagrin passé,.
Et que notre esprit, s'étant délivré
des pensées et ayant rejeté ses voiles périssables,
devient comme prophétiquement clairvoyant,
Je rêvais qu'au-dessus de moi un aigle redoutable
se tenait suspendu, vêtu de couleur dorée,
les ailes déployées et prêt à fondre sur moi,
Et il me semblait être là où Ganymède,
ayant quitté les siens, merveilleusement grandi,
fut ravi au conseil par-delà les nuages.
Je pensais : « Peut-être n'a-t-il coutume
de frapper qu'ici, là où il m'a saisi,
et dédaigne-t-il toute autre proie. »
Cependant, ayant décrit des cercles en ombrageant la terre,
il descendit tel un foudre d'orage
et s'éleva avec moi jusqu'au feu même.
Et là, avec lui, je pris feu moi aussi ;
et l'incendie chimérique me brûlait
avec une telle force que mon sommeil se brisa.
Traduction littérale
Dante Alighieri. La Divine Comédie. Purgatoire, chant IX
Ill. : Gustave Doré