Requête de la mère d'Ehrenbourg à l'empereur en faveur de son fils et condamnation de 1911
La lettre raconte comment Ehrenbourg, libéré sous caution, partit pour Paris, d'où il ne pouvait revenir se faire notifier l'acte d'accusation pour raison de santé, « car il souffrait d'un rhumatisme articulaire aigu, compliqué d'une maladie du cœur »
Et ce, bien que d'autres sources nous apprennent qu'à cette époque Ehrenbourg fréquentait les milieux révolutionnaires russes et était lié d'amitié avec Lénine. La maladie, il est vrai, est attestée par un médecin, l'attestation dûment légalisée par les autorités françaises compétentes, puis transmise par le consulat à la Chambre judiciaire de Moscou. Le certificat médical n'a cependant pas empêché que soit rendue l'ordonnance prescrivant de placer Ehrenbourg sous écrou dès son retour en Russie.
Venir en Russie pour comparaître en justice, il ne le put point, comme l'indique la lettre, puisque le séjour en prison eût aggravé la tuberculose pulmonaire qui commençait à se déclarer chez lui.
En définitive, en 1911, sur cinq complices, seul Ehrenbourg fut condamné à 8 mois de détention en forteresse ; les autres furent acquittés.
La lettre assure qu'il était trop jeune et trop inexpérimenté et s'était laissé aisément gagner par une influence pernicieuse, qu'il est lui-même un fidèle sujet de l'empereur et qu'à l'avenir il ne s'occupera que de littérature. Ce point-là m'a tout particulièrement réjoui.
La lettre s'achève sur ces lignes : « Nous, parents infortunés, osons déposer aux pieds de Votre Majesté Impériale notre très humble requête et notre ardente supplication de grâce et de pardon, et de nous rendre notre fils unique, espoir et soutien de notre vieillesse ».
L'auteur en était la mère, Anna Borissovna Ehrenbourg.