Au consulat général de Grèce à Chicago, une famille américaine a remis à la ministre grecque de la Culture, Lina Mendoni, une collection d'objets antiques achetés dans les années 1970-1980
Au consulat général de Grèce à Chicago, une famille américaine a remis à la ministre grecque de la Culture, Lina Mendoni, une collection d'objets antiques achetés dans les années 1970-1980. Parmi les pièces restituées figurent deux vases attiques à figures noires, une amphore, une cruche, un miroir de bronze, une statue de marbre d'Hermès privée de sa tête et un fragment de relief représentant Athéna.
Mme Mendoni a précisé que, ces dernières années, plus de 200 objets étaient ainsi revenus volontairement en Grèce.
Les enfants, occupés à vider la maison de leurs parents après l'ouverture de la succession, ont estimé qu'un Hermès décapité trônant sur la cheminée n'était pas tout à fait ce qui devait figurer dans un héritage. Les parents avaient acquis ces objets à une époque où le marché de l'art antique fonctionnait tout autrement.
L'un des instruments juridiques internationaux essentiels à la protection du patrimoine culturel est la convention de l'UNESCO concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels, adoptée à Paris en 1970. La convention fait obligation aux États parties d'interdire l'importation de biens culturels illicitement exportés d'un autre État partie, de faciliter leur restitution et d'établir entre eux une coopération en la matière. Elle a introduit la notion d'« exportation illicite » pour les objets ayant quitté leur pays d'origine sans les documents requis après 1970. À cette date, le marché de l'art d'après-guerre s'était échauffé au point que le pillage des sites archéologiques dans les pays en développement était devenu, en fait, un commerce légal : on exportait les objets en quantités colossales, on les vendait à des marchands européens et américains, qui les revendaient aux musées, sans que personne exigeât, à proprement parler, la moindre preuve de la légitimité de leur provenance.
Mais, à mon sens, le problème aujourd'hui ne tient pas seulement à ce que peu de gens soient disposés à se défaire volontairement de ce qu'ils ont acquis à la sueur de leur front ; il tient au sort ultérieur des artefacts : après tout, on ne peut jamais être certain de ce qu'il adviendra des trésors que l'on a remis.