Ces jours-ci, les publications se multiplient qui prétendent enquêter sur le déroulement exact du conclave
Ces jours-ci, les publications se multiplient qui prétendent enquêter sur le déroulement exact du conclave. On avance des hypothèses originales sur la manière dont le pape Léon XIV a été élu, par quelle conjonction de circonstances et sous quelle configuration d'astres. Le plus souvent, cela ressemble à l'intrigue d'un film à succès. Je me permettrai, moi aussi, d'exprimer ma modeste opinion sur ces témoins de ce qui s'est passé « sous clé ».
Tous les articles, sans exception, qui racontent comment le conclave s'est réellement déroulé, en quels partis les cardinaux se sont divisés et ce qui a conduit à l'élection de Prevost, souffrent d'un défaut grave.
Attention. Tous ceux qui se trouvaient dans la chapelle Sixtine, chacun de ceux qui ont pris directement part au conclave, ont juré d'en garder le secret. Quelle sorte d'homme, après avoir prêté serment, se hâte aussitôt de le violer et de faire précisément ce qu'il a solennellement juré de ne pas faire ?
De bas commères, de vils calomniateurs, des manipulateurs de l'opinion publique, qui cherchent par leurs révélations illégitimes à peser sur la politique de l'Église, à s'élever, à servir la carrière de leur interlocuteur ou à s'affirmer eux-mêmes.
On aimerait se représenter le portrait du cardinal qui cherche son avantage en projetant sa vision des événements sur les écrans d'un public qui, à l'origine, n'a rien d'initié. Qui sont ces gens en soutane pourpre qui ont généreusement pourvu les journalistes d'informations secrètes à la première sommation ? Des cyniques, des pasquinades ambulantes, mais certainement pas des hommes d'Église.
Êtes-vous vraiment prêts à confier à des gens de cette espèce la formation de votre image du monde ?
Voilà pourquoi il convient d'accueillir tous les comptes rendus postérieurs au conclave non pas avec scepticisme seulement, mais avec dégoût, et de les feuilleter du bout des doigts. Après tout, des journalistes qui bâtissent de savantes théories sur des sources qu'ils ne nomment jamais ne valent guère mieux que les menteurs ordinaires de la presse à scandale.