L'école des Lacs, son nom et les poètes Wordsworth, Coleridge et Southey
Dans un petit dépliant de Peredelkino, on demande qui, parmi nous, ignore les poètes de l'école des Lacs ?
Mais enfin, s'il s'est trouvé des sceptiques, rappelons que la communauté poétique apparue à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles fut dite « des Lacs » d'après le nom du Lake District, dans le nord-ouest de l'Angleterre, où vivait le fondateur de l'école, William Wordsworth. Malgré sa fécondité et son poids, Wordsworth est peu connu en Russie et n'y a guère été traduit, mais pour la littérature anglaise il est l'un des poètes cardinaux, et bien sûr l'auteur des vers programmatiques du romantisme anglais. Pour mesurer l'affaire : ce que nous appelons l'époque de Byron, ils l'appellent l'époque de Wordsworth.
Le second représentant éclatant des « lakistes », Coleridge, a laissé bien moins de vers et il est connu surtout pour les poèmes qui ont servi de socle au romantisme anglais : « Le Dit du vieux marin » et « Christabel », demeurée inachevée. Une fois quitté le champ poétique, Coleridge devint un critique de poids.
Un autre lakiste de premier plan, Southey, a été plus souvent traduit en russe ; il plaisait à Joukovski, et bien des traductions sont devenues classiques.
On range parmi les poètes des Lacs non seulement ces trois-là, mais toute une pléiade de contemporains et d'auteurs plus jeunes, qui écrivaient à la même époque et subissaient l'influence de la poétique de Wordsworth, de Coleridge et de Southey. On y rattache, par exemple, Keats et Shelley.
Il est curieux que l'on inscrive parfois Byron lui aussi à l'école des Lacs, ce que je trouve étrange : il a vertement et à maintes reprises étrillé ses fondateurs, et n'a très certainement suivi aucun d'eux. Je puis toutefois me tromper, et vous êtes libres de me traiter de byroniste partial.
