vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

En 1722, Pierre Ier introduisit une forme particulière d'insigne d'État, produite en série : le zertsalo (« miroir de la loi »), qui devint un attribut obligatoire des institutions de l'Empire russe jusqu'en 1917

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En 1722, Pierre Ier introduisit une forme particulière d'insigne d'État, produite en série : le zertsalo (« miroir de la loi »), qui devint un attribut obligatoire des institutions de l'Empire russe jusqu'en 1917

Ce symbole de la primauté de la loi se présentait sous la forme d'un prisme de bois à trois faces, surmonté de l'aigle d'État. Sur ces faces étaient placés les oukases relatifs à la bonne conduite des affaires dans les lieux de justice et d'administration :

- l'oukase sur la préservation des droits civils du 17 avril 1722 ;
- l'oukase réglementant la conduite dans les lieux de justice du 21 janvier 1724 ;
- l'oukase sur les statuts de l'État et leur importance du 22 janvier 1724.

Le zertsalo fut installé dans toutes les institutions de l'Empire russe.

De même, sur ce modèle, au Sénat, des tablettes à piétement, sur lesquelles l'oukase imprimé sera collé, et en tous lieux, à commencer par le Sénat jusqu'aux dernières juridictions, on l'aura sur la table comme un miroir, devant les yeux de ceux qui jugent. Et là où un tel oukase ne se trouvera pas sur la table, pour chaque manquement de ce genre : cent roubles d'amende au profit de l'hôpital.

Les zertsala n'étaient mis en service qu'après avoir été consacrés dans l'église principale ; puis on les portait en procession à la demeure du namestnik ou du gouverneur, où on les plaçait sous le portrait de l'empereur régnant. De là, au son des cloches et des salves de canon, on les transportait au siège de l'administration, après quoi chacun des zertsala partait vers le lieu de son « service ».

Selon les observations des contemporains, le zertsalo de la loi s'établit comme l'un des trois signes du pouvoir suprême, avec « le portrait du tsar et l'image du juge céleste éclairée d'une lampe ».

Le zertsalo renvoie non seulement au pouvoir du souverain, mais aussi à la concentration de tout l'édifice de l'État sur la personne de Pierre, ce que relève Pogodine : « le rang – selon la Table des rangs de Pierre le Grand, la noblesse – instituée par Pierre le Grand, déposer une plainte – Pierre le Grand en a fixé la forme, on la recevra – devant le zertsalo de Pierre le Grand ».

Mais chez Melnikov-Petcherski, on trouve cette remarque juste : le zertsalo fut placé dans les institutions à la place de l'Évangile et de la sainte croix :

- À la place de la croix et de l'Évangile, ils ont mis dans les tribunaux un miroir idolâtre !
- Et dans ce miroir, c'est Pierre, l'ennemi de Dieu, qui est peint !
- Les seigneurs ont jeté les croix de leur cou !
- Chez les marchands mêmes, c'est la haine de la croix qui s'est répandue !
- Et tout cela, c'est la séduction de l'étranger, des fables helléniques !
- Les Allemands, tous ces Allemands, ont causé tous les malheurs de la Russie !... Les Luthers !... Les Calvins !...
- Les chrétiens n'ont plus de vie à cause des Allemands.
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