dimanche, 4 octobre 2026

Le réalisateur Vassili Katanian garde un souvenir qui relie Elsa Triolet, sa sœur Lili Brik et Marina Tsvetaïeva par l'entremise d'Elena, l'épouse du critique littéraire Tager

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Le réalisateur Vassili Katanian garde un souvenir qui relie Elsa Triolet, sa sœur Lili Brik et Marina Tsvetaïeva par l'entremise d'Elena, l'épouse du critique littéraire Tager

Peu après son émigration de Russie, Ella Iourievna Kagan se maria et devint Elsa Triolet ; elle s'installa à Paris, où elle se mit, avec le temps, à fabriquer de la bijouterie fantaisie avec n'importe quoi – salut à la bonne dizaine de joaillières dernier cri – jusqu'à des carreaux de Metlakh, dont on pavait les sols, les plinthes et les salles de bains. Ces parures étaient achetées par les maisons de couture parisiennes – je salue de nouveau les acteurs de la fashion-industry du XXIe siècle, qui se prennent pour les découvreurs de quoi que ce soit.

Mais là n'est pas l'essentiel. Marina Tsvetaïeva aperçut un collier de corail fabriqué par Elsa Triolet, l'obtint en cadeau à force d'insistance, et, bien sûr, ne le porta pas : elle le vendit. Ici, pourtant, il n'y a pas de quoi plaisanter : rentrée d'émigration en Russie en 1939, la poétesse vivait littéralement dans l'indigence, ses effets et ses archives étaient retenus à la douane, trouver du travail était très difficile, et ses gains permettaient tout juste de ne pas mourir de faim. Avec une vie pareille, on ne vend pas que du corail

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