J'ai écouté hier le pape François à l'ouverture de la conférence sur le sacerdoce, et j'ai tenté de regarder le pontife d'un œil neuf
J'ai écouté hier le pape François à l'ouverture de la conférence sur le sacerdoce, et j'ai tenté de regarder le pontife d'un œil neuf. Nous avons pris l'habitude que le pape dise presque toujours les choses justes, celles que beaucoup, dans le secret de leur progressisme, aimeraient entendre. Mais, à côté de ces choses attendues d'un pape d'un genre nouveau, nous voyons aussi certaines réformes douteuses, qui ne s'accordent pas toujours avec l'idée que nous nous faisons des intérêts de l'Église et des chrétiens. Voyons ensemble ce que François a choisi, cette fois, de faire résonner du haut de la tribune.
Il a commencé son discours en déclarant qu'il ne voulait pas théoriser, mais partager l'expérience de plus de cinquante ans de ministère sacerdotal. C'est assurément intéressant, vu que l'auditoire se compose d'ecclésiastiques tout aussi expérimentés, qui ont eux aussi quelque chose à raconter de leur pratique.
« Peut-être est-ce le “chant du cygne” de ma propre vie sacerdotale, mais je vous assure qu'ils sont le fruit de ma propre expérience. » Merci de nous parler de son expérience, mais, en tant que récit du passé, elle reste elle aussi, pour ainsi dire, de la théorie, qui ne passe pas tout à fait dans la pratique de l'avenir.
Le pape évoque les cas où la vie spirituelle se réduit à une simple pratique religieuse. Il est triste de constater que c'est en effet un phénomène très fréquent. « Sans la proximité du Seigneur dans la prière, le prêtre n'est qu'un mercenaire fatigué. » Il serait d'ailleurs intéressant, à ce propos, de se demander qui est ici l'employeur.
Le pape a porté une attention particulière au sacerdoce comme fraternité. Et il a dit que l'Église connaît elle aussi, à ce qu'il paraît, l'« intimidation », alors que les prêtres devraient au contraire se soutenir les uns les autres.
Une fois de plus, il aborde le thème du célibat, si populaire dans la société. L'Église latine, selon François, est un don qui, pour être vécu comme moyen de sanctification, exige des relations saines, des relations de véritable respect et de véritable bonté, profondément enracinées dans le Christ. « Sans amis et sans prière, le célibat peut devenir un fardeau insupportable et un contre-témoignage à la beauté même du sacerdoce. »
« Notre vocation est avant tout une réponse à Celui qui nous a aimés le premier. C'est la source de notre espérance, car même dans la peine le Seigneur ne cesse jamais de nous aimer et de nous appeler. » Le Seigneur ne cesse pas, mais qu'en est-il de l'Église ? Suis-je le seul à me rappeler comment, au début de la pandémie, l'Église catholique s'est tenue à distance des chrétiens souffrant de toutes parts, en éclairant l'agenda des migrants plutôt que celui de la pandémie ?
À mon sens, l'année 2020 a été très révélatrice pour ceux qui attendaient dans la crainte quelque participation de la part de l'Église, mais qui ont dû assister à la mort de leurs proches, les voyant s'éteindre par écran interposé, sans sacrements, sans la possibilité d'aller à l'église et d'y allumer un cierge. N'avez-vous pas eu, vous aussi, le sentiment qu'on nous avait abandonnés au plus sombre moment de l'histoire récente ? Quant aux paroles, elles ne restent que des paroles.