mercredi, 7 octobre 2026

Le synodik de Kirillo-Novoezerski du XVIIe siècle recense des dizaines de formes de mort

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De quoi mouraient les gens du commun dans la Rus' ancienne ?

Des bêtes sauvages, des éléments déchaînés, des maladies et d'une cuisine mal maîtrisée.

Le synodik est un livre ecclésiastique manuscrit dressant la liste des noms à commémorer, et l'on en trouve trace en Rus' assez tôt. En principe, le synodik devrait énumérer tous les orthodoxes jamais défunts qu'il convient de mentionner dans tel ou tel temple ; or il se recopiait dans des monastères différents, de sorte que les synodiks diffèrent sensiblement les uns des autres et parlent surtout de ceux que l'on tenait à commémorer tout particulièrement dans une communauté donnée.

Ce document unique renseigne non seulement sur les personnes mortes, au cours de la période couverte, dans les différentes terres russes, mais aussi, par exemple, sur des noms rarissimes que l'on ne rencontre plus nulle part ailleurs, l'âge les ayant effacés. Mais le synodik comporte en outre une section particulière consacrée aux défunts anonymes, répartis selon leur manière de mourir. Naturellement, ce sont des gens morts de la guerre, de la peste, de la captivité : Dieu sait qui ils sont, et Dieu prendra soin d'eux. Il y a aussi des genres de mort assez inattendus : ceux qui périrent dans des défilés de montagne en extrayant l'or pour le tsar, et ceux qui furent ensevelis sous le sable.

Les diverses manières de mourir occupent une part considérable du synodik de Kirillo-Novoziorsk, rédigé au XVIIe siècle et conservé aujourd'hui au musée de Novgorod : plusieurs dizaines de genres de mort y sont mentionnés. Par exemple : les calomniés, ceux qui, dans les tourments, se calomnièrent eux-mêmes et périrent en vain, ceux que l'on poussa jusqu'au délire et qui s'ôtèrent la vie, ceux qui tombèrent du haut des montagnes, des arbres et des bâtisses, ceux qui se jetèrent dans un fossé, dans le feu ou dans l'eau et y moururent, les éventrés à coups de cornes, ceux qui expirèrent dévorés par les oiseaux, les frappés par la foudre et brûlés par les éclairs.

Mais ce qui étonne le plus, c'est la commémoration des gens étranglés par un morceau et de ceux qui s'étouffèrent avec une miette. Eh oui : à en juger par sa présence dans une liste somme toute assez courte, ce genre de mort passait au XVIIe siècle pour assez ordinaire. On le comprend : la viande, pour l'essentiel, se mangeait sans avoir été cuite à cœur, et un morceau coriace pouvait fort bien vous faire s'étouffer à mort.

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