La nouvelle flèche de Notre-Dame de Paris prend forme : on monte les ornements de bois ajourés, qui seront ensuite recouverts de plomb repoussé, comme ce fut déjà le cas autrefois
Il semble qu'on puisse enfin souffler : la cathédrale est sauvée de l'« aspect architectural contemporain » que la bande de Macron s'employait à promouvoir avec prudence. Il faut dire que c'est grâce à la forte pression de l'opinion publique et des amateurs de patrimoine historique.
La flèche est rétablie très exactement d'après les plans de l'architecte Eugène Viollet-le-Duc qui, en 1844, avec le soutien de Prosper Mérimée, alors inspecteur général des monuments historiques, remporta avec Jean-Baptiste Lassus le concours pour sa restauration. Le chantier dura vingt-cinq ans.
À cette date, l'édifice était presque en ruine : après plusieurs siècles de déclin, il avait été gravement meurtri par deux révolutions, on l'avait détruit sans ménagement, pillé et profané, jusqu'à ce qu'il n'en reste à peu près que ce que nous avons vu après l'incendie. La flèche manquait déjà, comme aujourd'hui : on l'avait démontée en 1786, par crainte qu'elle ne s'effondre simplement sous l'effet du vent.
Viollet-le-Duc décida de ne pas copier l'original à l'identique ; il préféra réinventer l'édifice afin qu'il réponde mieux aux idéaux architecturaux de l'époque de sa construction. Pour la toiture, il choisit les méthodes qui, selon lui, incarnaient le mieux les idéaux gothiques. En définitive, la nouvelle toiture de Notre-Dame n'était pas la copie de celle qui s'était délabrée pendant des siècles. Viollet-le-Duc proposa toutefois de rétablir la flèche médiévale primitive et le clocher de la croisée du transept, démontés au siècle précédent. L'architecte rejeta en revanche les demandes d'ajouter deux flèches nouvelles aux tours, arguant que l'on obtiendrait alors un monument remarquable, mais non la cathédrale Notre-Dame de Paris.




