Sainte Iphigénie et les hypothèses sur son origine, d'Aksoum à la Crimée et à la Colchide
Sur la photo, aux côtés d'Iphigénie, la fille du roi d'Éthiopie du Martyre de saint Matthieu, deux jeunes saintes : Marie-Madeleine de Pazzi, carmélite des XVIe-XVIIe siècles, qui consignait dans son journal les apparitions mystiques de la Vierge et du Christ, et la réformatrice de l'ordre du Carmel, docteur de l'Église, Thérèse d'Avila. Selon la légende, Iphigénie fut convertie au christianisme par l'apôtre Matthieu en personne, avec toute sa famille, et placée à la tête d'une communauté chrétienne féminine. Les discussions autour de la biographie de sainte Iphigénie ne manquent pas d'intérêt : dans l'Antiquité, on appelait « Éthiopie » des territoires fort divers, le royaume d'Aksoum, au nord des hautes terres éthiopiennes, la Phénicie, la Nubie, l'Inde, et même la Crimée avec le littoral caucasien de la mer Noire. Aucun parallèle historique ne permet de rapprocher le père de sainte Iphigénie des souverains d'Aksoum ni de ceux de la Nubie, où Matthieu n'a d'ailleurs pas prêché. En revanche, une origine criméenne et colchidienne d'Iphigénie trouve des appuis dans le folklore, la linguistique et l'histoire, ce qui rend la sainte bien plus intéressante à nos yeux : et si elle était tout de même une Criméenne ?