jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

Le grand seigneur moscovite, poète et écrivain réputé Iouri Alexandrovitch Nelédinski-Mélétski trouva un moyen touchant et ingénieux d'apaiser les angoisses de son épouse malade au sujet du sort de leur fils unique Sergueï, qui servait pendant la guerre p

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Le grand seigneur moscovite, poète et écrivain réputé Iouri Alexandrovitch Nelédinski-Mélétski trouva un moyen touchant et ingénieux d'apaiser les angoisses de son épouse malade au sujet du sort de leur fils unique Sergueï, qui servait pendant la guerre p

Ekaterina Khovanskaïa, comme beaucoup de mères, se tourmentait fort de rester sans nouvelles de son fils, surtout pendant les batailles majeures et les plus sanglantes, ce qui ne faisait qu'aggraver son état déjà très maladif. Le fils était un noceur notoire et oubliait tout simplement d'écrire à la maison, ce pour quoi son papa avait imaginé un stratagème : il lui demandait, le cas échéant, d'expédier à Moscou deux lettres à la fois, l'une à sa mère, la seconde, de rechange, à son père.

La lettre de rechange, bien entendu sans date, contenait des informations d'ordre général : le temps qu'il faisait, la bonne santé, dix à quinze lignes en tout, des compliments aux proches, deux ou trois questions sur les sœurs, et l'assurance que la vie militaire s'écoulait de la façon la plus agréable du monde, sans le moindre détail sur les marches et les combats. Et, faute de vraies lettres depuis trop longtemps, Iouri Alexandrovitch faisait parvenir ces provisions à son épouse, qui reprenait aussitôt courage ; c'est ainsi que l'on tint jusqu'à la fin de la guerre.

En 1813, pourtant, Ekaterina Nikolaïevna, la pauvre, s'éteignit à 51 ans, mais en revoyant son fils et rassurée sur son sort

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