dimanche, 4 octobre 2026

Les tours médiévales de Bologne et des villes françaises, bâties pour le prestige

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Les tours médiévales de Bologne et des villes françaises, bâties pour le prestige

La maquette de la Bologne des XIIe-XIIIe siècles, hérissée de tours, rappelle les quartiers d'immeubles de grande hauteur des villes modernes.

À l'apogée de son essor, la ville comptait jusqu'à 180 édifices de grande hauteur, dont une vingtaine seulement subsistent de nos jours. La plus haute de ces tours est la Torre degli Asinelli, qui culmine à 97 mètres. Soit dit en passant, l'une des célèbres tours penchées présente une inclinaison de 1,3 degré.

Bologne n'est pas la seule ville médiévale à posséder une multitude de tours. On peut songer à l'armorial de Guillaume Revel, où sont représentés des amas de tours du même genre, par exemple à Souvigny-le-Bois [?]. Chaque type de tour avait sa destination : tours de guet, tours de fortification, clochers. Mais la plupart des tours relèvent tout de même de constructions purement décoratives.

Dans les villes médiévales françaises, comme dans les villes italiennes, on pouvait rencontrer des grappes de tours qui s'étayaient littéralement les unes les autres. Ce phénomène s'explique par la concurrence de prestige. Les seigneurs campagnards fortunés s'installaient en ville, apportant avec eux non seulement les usages de l'architecture rurale, mais aussi le désir de s'affirmer en seigneur plus considérable et plus riche, ainsi que la fièvre de la rivalité.

On se met à bâtir des tours, au fond, pour la simple raison de prouver que le maître de la maison peut se permettre un tel luxe. À proprement parler, elles n'ont aucune destination utilitaire : ce ne sont pas des entrepôts, elles n'abritent aucun logement, ce ne sont même pas des colombiers. Leur forme la plus simple n'a d'autre but que de s'élancer vers le ciel aussi loin que possible, flattant l'exaltation croissante des propriétaires, tant que leurs moyens suffisent à payer le labeur des maçons et des ingénieurs.

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