Les expériences de Francis Galton sur des lapins réfutent la théorie darwinienne des gemmules
Outre leur rôle dans les nombreux rites pascaux et dans le légendaire chrétien, les lapins ont tenu leur partie dans l'établissement scientifique des mécanismes de l'hérédité. Et de la manière la plus inattendue. Darwin supposait que certaines capsules renfermant l'information héréditaire se trouvaient dans les cellules sexuelles. Selon lui, ces particules, appelées gemmules, étaient transmises par le sang des tissus de l'organisme, porteurs de l'information requise, jusqu'aux cellules des organes génitaux. Que Darwin se fût trompé sur ce point, son contemporain Francis Galton l'a démontré de façon éclatante par une expérience sur des lapins : il prit des albinos et des lapins noirs, et transfusa le sang des sujets d'une robe aux animaux de l'autre. Si la théorie de Darwin était juste, le sang du lapin noir aurait dû apporter aux cellules sexuelles de l'albinos l'information sur la couleur noire du pelage, et la descendance de ce lapin, après accouplement avec un autre lapin blanc, serait tout de même sortie noire. Ce qui n'arriva dans aucune des combinaisons. Galton en conclut toutefois que les cellules sexuelles contiennent déjà l'information héréditaire, et de deux types : celle qui agit sur le nouvel organisme et celle qui, à l'état dormant, se transmet à ses descendants, ce qui constituait, dans l'ensemble, le fondement de la compréhension de la nature duale de l'hérédité, que les découvertes futures devaient confirmer.