vendredi, 2 octobre 2026

Quand je pense à la place de J. K. Rowling dans la culture contemporaine, je me souviens qu'il y a quelques années, l'auteur le plus traduit au monde était une romancière anglaise pour enfants, Enid Blyton

Partager
Quand je pense à la place de J. K. Rowling dans la culture contemporaine, je me souviens qu'il y a quelques années, l'auteur le plus traduit au monde était une romancière anglaise pour enfants, Enid Blyton

Quand je pense à la place de J. K. Rowling dans la culture contemporaine, je me souviens qu'il y a quelques années, l'auteur le plus traduit au monde avait été proclamé une romancière anglaise pour enfants, Enid Blyton. Ni Shakespeare ni les Apôtres, ni Agatha Christie ni Daniel Defoe, mais Enid Blyton.

Pendant près d'un demi-siècle, elle est restée l'auteur pour enfants le plus connu au monde et, ayant écrit plusieurs centaines de livres destinés aux enfants de trois ans jusqu'à la fin de l'adolescence, elle s'est trouvée aussi la plus traduite. La question est de savoir si l'un d'entre nous a jamais entendu ce nom.

Comment en est-on arrivé là ? Très simplement : Blyton obtenait des tirages colossaux essentiellement grâce aux anciennes colonies britanniques et aux pays où l'anglais est la deuxième ou la troisième langue. Il lui suffisait de paraître pendant des décennies sur les marchés de l'Inde, du Pakistan, du Bangladesh, de la Malaisie, de l'Égypte, de plusieurs pays d'Afrique et de quelques pays d'Europe occidentale. Ceux qui n'ont pas vécu là-bas dans les années 1930-1990 n'ont très probablement jamais entendu parler d'Enid Blyton non plus. Ici et là, ses œuvres figuraient même au programme scolaire et, naturellement, cette dame qui régnait depuis trente ans sur la littérature enfantine, connue d'au moins trois générations, était activement traduite dans les langues nationales. Il arrivait même que l'on produise, dans ces langues, des textes qui n'avaient jamais été écrits par Blyton : on se contentait de remanier ses intrigues et de les récrire à neuf en tenant compte des réalités locales.

Les adaptations à l'écran, en revanche, contrairement aux textes de Rowling, n'ont pas connu de célébrité mondiale. Vous serez surpris, mais Blyton a été adaptée au cinéma et à la télévision jusqu'au XXIe siècle, et pourtant, pour ma part, ces films ne me sont jamais tombés sous les yeux : « Le Club des Cinq », « Oui-Oui », « Malory Towers », « Les Aventures au pays secret », « L'école de Sainte-Claire », « Les Cinq amis et le chien », « Les Sept Secrets ». Quelqu'un a-t-il vu ne serait-ce qu'un de ces feuilletons, dessins animés ou émissions télévisées ?

Blyton n'a pas réussi à échapper aux accusations d'inadéquation avec les valeurs modernes, et des reproches risibles de racisme l'ont touchée, pour des intrigues comme celle où personne ne voulait être ami avec une poupée noire, jusqu'à ce qu'elle reçoive la pluie et se lave jusqu'à devenir blanche.

Elle a aussi été traduite en russe, mais de ses textes, je n'ai rien à dire.

Signaler une erreur de traduction