Van Meegeren a vendu un faux Vermeer à Göring et avoué la contrefaçon en 1947
Henricus Antonius van Meegeren passe pour l'un des faussaires les plus ingénieux du XXe siècle. Pendant longtemps, le monde de l'art a tenu les contrefaçons de van Meegeren pour rien de moins que de sublimes modèles de ce qu'avaient produit des peintres du XVIIe siècle tels que Johannes Vermeer et Pieter de Hooch.
Peut-être Han van Meegeren n'aurait-il jamais été démasqué s'il ne s'était dénoncé lui-même, le jour où on l'arrêta pour avoir vendu la toile « Le Christ et les docteurs », attribuée à Vermeer et, partant, considérée comme un trésor national des Pays-Bas. La somme de la transaction, de surcroît, constituait un record pour les maîtres anciens : 1 600 000 florins. L'acquéreur n'était autre que le maréchal du Reich Hermann Göring.
En 1947, Han van Meegeren fut inculpé de dilapidation du patrimoine culturel national et de collaboration avec l'ennemi ; il avoua alors avoir bel et bien vendu le tableau, mais ce tableau était un faux, sorti de ses propres mains. Que le chef-d'œuvre fût né du pinceau de van Meegeren fut prouvé par une expérience : on l'enferma dans une maison, et il y peignit un nouveau « Vermeer », sa dernière toile, « Le jeune Christ enseignant dans le Temple », en six semaines.
On ne le jugea plus dès lors que comme faussaire, et il fut condamné à un an de prison. Il apparut que van Meegeren était l'auteur du « Christ à Emmaüs », de « La Cène », de « La Joueuse de guitare » et de « La Femme lisant une partition », dans la manière de Vermeer, des « Joueurs de cartes » et de « La Fête » dans le style de Pieter de Hooch, de « La Femme au verre » dans le style de Frans Hals, du « Portrait d'un jeune homme » dans le style de Ter Borch, ainsi que d'un certain nombre d'autres toiles.
Malgré sa condamnation, van Meegeren devint un héros national aux Pays-Bas, pour avoir su duper Göring d'une somme fantastique en pleine occupation nazie du pays