samedi, 3 octobre 2026

Moine mécanique marcheur du XVIe siècle dans les collections de la Smithsonian

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Moine mécanique marcheur du XVIe siècle dans les collections de la Smithsonian

Le projet de recherche et d'éducation du Getty raconte l'histoire de cet artefact unique, né au carrefour de la science, de l'art et de la religion.

Un automate de 40 centimètres, presque surnaturel, vieux de 450 ans, en forme de moine. Cette figure de bois qui marche et gesticule appartient aux collections du Musée national d'histoire américaine de la Smithsonian Institution. C'est, au fond, l'un des plus anciens robots capables de marcher seuls, contemporain des premières horloges mécaniques à ressort.

La légende rattache l'origine du moine automate à la vie de la cour du roi Philippe II d'Espagne. Le moine lui-même est d'ordinaire associé à la personne de Diego de Alcalá, humble franciscain, dont les reliques, devant lesquelles on avait prié, guérirent miraculeusement l'héritier du trône d'Espagne alors qu'il se trouvait aux portes de la mort, en 1562. C'est à la même époque, au milieu du XVIe siècle, qu'on façonna en Espagne ou en Allemagne du Sud cet androïde monastique de bois, de métal, d'étoffe et de mécanisme d'horlogerie.

Cette sculpture mécanique de la fin de la Renaissance avait manifestement une vocation spirituelle : selon toute apparence, le moine était destiné à la prière, censée être accomplie au nom de l'image du saint.

Somme toute, l'idée est sans précédent, non seulement pour l'époque mais encore pour la nôtre : une poupée mécanique sous l'habit monastique, qui se meut et met en œuvre une certaine ritualité sacrée. L'effet tient tout particulièrement au réalisme des fonctions de cette figurine, qui sait marcher et faire des gestes de prière avec le crucifix et le chapelet, se frapper la poitrine, marmonner et tourner brusquement la tête, tout en offrant un aspect fort réaliste, comme s'il s'agissait vraiment d'un petit moine de bois dans une minuscule robe de bure, souhaitant le salut de votre âme.

Voilà donc l'ancêtre bienséant, et surtout pieux, de tous les robots de la Terre, mû moins par les lois de la robotique que par la Parole de Dieu.

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